Article mis en avant

Covid-19: Une nouvelle organisation du Blog Herbéo pour vous conseiller et vous aider durant cette période particulière

Notre dernier billet sur une prévention naturelle raisonnée contre l’épidémie avait été écrit avant la grave extension des infections par le coronavirus et avant les mesures de confinement. Il reste d’actualité. Pour vous accompagner durant cette période nous avons remanier notre blog, avec trois onglets nouveaux.

Actus Scientifiques

Dans un premier onglet « Actus Scientifiques » vous trouverez différentes informations générales et avis sur des produits naturels d’intérêts pour stimuler l’immunité ou aux potentialités antivirales. Nous allons démarrer par une grande étude sur les huiles essentielles et leur propriétés antivirales éventuelles. Ce sujet nous occupera sans doute sur plusieurs semaines et sera remis à jour régulièrement.

Nous souhaitons nous inscrire dans la droite ligne des déclarations du 16 mars 2020 du président de la République: « évitez l’esprit de panique, de croire dans toutes les fausses rumeurs, les demi-experts ou les faux-sachants «  Nous apporterons des informations scientifiquement étayées en toute humilité car l’immensité de ce que nous ne savons pas est bien plus grande que nos maigres certitudes !

Recettes et Astuces

La période est propice au rangement de sa maison et à la découverte de trésors oubliés dans nos tiroirs ! Nous vous invitons via nos réseaux sociaux à redécouvrir vos richesses en plantes et/ou huiles essentielles. Vous avez peu être aussi un petit jardin plein de promesses en ce début du printemps. Envoyer nous un message avec vos trouvailles et nous vous suggérerons sur nos réseau et sur ce blog mille et une façon de vous en servir utilement !

Fiches de Phyto-aromathérapie

Nous vous proposons de regrouper sous cet onglet des fiches didactiques sur des plantes ou des huiles essentielles, mettant ainsi une bibliothèque virtuelle à disposition de ceux qui souhaitent en savoir plus sur les plantes qui nous entourent.

Prenez soin de vous et de vos proches en restant chez vous !

Pour rappel Herbéo tient une permanence téléphonique du mardi au vendredi de 11h à 18h n’hésitez pas à laisser votre message si nous ne pouvons vous répondre dans l’immédiateté.

Respectez les consignes et ne cédez pas à la panique !

  • Suivez et respectez scrupuleusement les consignes de confinement
  • Restez chez vous et ne sortez que pour les motifs justifiés et valides
  • Laver vous les mains au savon souvent au cours de la journée
  • Eviter les contacts physiques et tenez vous autant que possible à distance de vos proches
  • Ne tousser pas en mettant vos mains devant la bouche mais tousser plutôt en mettant vos coudes devant la bouche cela évite de contaminer vos mains
  • Si vous pensez avoir des signes évocateurs d’une infection virale pulmonaire (toux, oppression respiratoire, température) ne vous rendez pas aux urgences ni chez votre généraliste utilisez le site
    https://maladiecoronavirus.fr/ et si nécessaire appelez le 15
  • N’appelez pas le 15 pour des renseignements, le bon numéro est le 0 800 130 000
    https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A13894
  • Suivez les indications données par les médecins.

Les huiles essentielles sont elles antivirales ? Part V

Notre réflexion de départ

Notre saga touche à sa conclusion. Nous avons passé en revue une grande partie de la littérature scientifique disponible sur les propriétés antivirales des huiles essentielles. Part I; Part II; Part III; Part IV. Au départ notre interrogation était simple. Dans le contexte actuel marqué par une pandémie virale que nul n’avait prévu, les conseils d’utilisation d’huiles essentielles dont les propriétés anti-infectieuses sont bien connues paraissaient être logiques. Mais anti-infectieux est un terme bien large et nous avions affaire à un virus bien particulier ! Il était important d’y voir plus clair et de proposer une approche logique qui puisse aider chacun dans ses efforts pour contrecarrer cette épidémie.

Comme toujours des voix multiples d' »experts » mettaient en garde, dans les médias, contre l’inefficacité et le manque de preuve des approches naturelles et de même de multiples articles, sites et « thérapeutes » diffusaient des recettes et compositions « antivirales » ou de « protection par les huiles essentielles ». L’ensemble de ces réactions nous paraissaient exagéré par apport au corpus de connaissances disponibles et relever plus de positions doctrinales.

La formation médicale -surtout- et pharmaceutique -légèrement moins- méconnaissent totalement les produits naturels. Tout juste y apprend t’on l’origine naturelle de certains grands médicaments (notamment antibiotiques) mais l’utilisation de produits issus de la plante n’est plus, ni connue, ni étudiée, et considérée systématiquement comme désuète, dépourvue d’efficacité et surtout « sans résultats cliniques démontrés ». Nous reviendrons sur ce dernier point qui est probablement le nœud de crispation, de défiance et d’incompréhension. La réaction négative sur les approches naturelles, du corps médical hospitalier, très présente dans les instances de santé, de conseils et de régulation n’est donc pas surprenante. Souvent, de bonne foi, par méconnaissance de la littérature existante – peu médiatisée et répondant souvent faiblement à leur critères de jugement – , des avis négatifs ont été rendus.

Pour les tenants des approches naturelles, l’intérêt antiviral des huiles essentielles ne fait pas débat. Mais leurs arguments sont souvent faiblement scientifiquement étayés. Les références citées étant régulièrement des livres ou des sites internet, qui se copient les uns les autres, sans que les données originales soient consultées. De bonne foi, des affirmations sont posées sans forcément en avoir les arguments. Par contre, l’usage traditionnel, parfois séculaire (voir millénaire !!), et la grande expérience personnelle de certains, constituent des « études cliniques dans un monde réel » souvent sur de larges populations qui mériteraient d’être considérées mais échappent aux critères réglementaires actuels.

Sans doute est-il présomptueux de vouloir réconcilier ces mondes qui peuvent paraître antagonistes ! Pourtant si on y regarde de près la piste des huiles essentielles comme antiviraux naturels mérite que l’on s’y penche sérieusement.

  • Le potentiel anti-infectieux des huiles essentielles repose sur un rationnel scientifique fort pour les bactéries et les champignons microscopiques; des données existent aussi pour certains virus
  • Une utilisation chez l’homme est courante dans des pathologies infectieuses depuis plusieurs millénaires
  • Leur utilisation, si les règles de sécurité sont appliquées ne pose pas de problème majeur
  • Ces produits sont peu onéreux et peuvent constituer une solution abordable pour des populations pour lesquelles les médicaments seront économiquement hors de portée

Ce que nous avons appris

Il y a peu de littérature sur les effets antiviraux des huiles essentielles. Ils sont, clairement , moins bien explorés que les effets antibactériens. La difficulté méthodologique des essais sur les virus est sans doute la principale raison de ce manque de données.
Part I; Part II

Néanmoins, plusieurs études tant in vitro sur culture cellulaires que in vivo chez l’animal ont montré des potentialités antivirales pour certaines huiles essentielles. Quelques virus (notamment les virus de l’herpes et les virus grippaux) ont été étudiés ainsi que quelques huiles essentielles, de nature variée. Les conclusions de ces études sont très délicates à tirer sauf peut- être pour les virus de l’herpes type 1 et 2 pour lesquels le faisceau d’arguments est solide au regard de certaines huiles essentielles. Pour les autres pathologies virales, les données disponibles sont trop parcellaires pour pouvoir affirmer un intérêt scientifiquement validé ; pour le SRAS-CoV1, une seule publication très incomplète, et aucune pour le moment sur le SRAS-CoV2.
Part III; Part IV

Sur les huiles essentielles qui sont le plus testées positivement sur des souches virales, sont retrouvées ; les cannelles ou leur composant principal le cinnamaldéhyde; le thym, la sarriette et l’origan à thymol/carvacrol. Ceci n’est pas surprenant car ce sont les huiles qui ont un caractère anti-infectieux fort, principalement en altérant les membranes bactériennes. Un effet analogue est souvent revendiqué sur l’enveloppe ou la capside de certains virus.
Nous avons été surpris de ne pas voir dans la littérature l’huile essentielle de ravintsara Cinnamomum camphora à 1,8-cinéole pourtant très largement citée dans les ouvrages d’aromathérapie comme antivirale. Parmi les huiles aux composants moins habituels nous avons noté notamment le manuka et la mélisse.

Nos souhaits pour l’avenir

Compte tenu des informations disponibles dans la littérature qui, bien qu’encore insuffisantes, sont porteuses d’espoir,

Compte tenu de l’expérience très étendue d’usage dans des diverses pathologies virales, notamment respiratoires avec des retours positifs et des effets nocifs essentiellement dus à de mauvaises pratiques d’utilisation, de dosages et de non respect des contres-indications,

Compte tenu du faible prix de ces solutions, de leur disponibilité notamment dans des pays à faible revenu,

Il nous semble important que des études in vitro plus approfondies soient menées sur différents virus et démarrées urgemment sur le SARS-CoV2. Il n’est ni justifié ni bénéfique de rester dans un tel niveau d’inconnu et de pré-supposé.

Des études cliniques sont indispensables, elles doivent être pensées de façon raisonnable sans vouloir absolument calquer les standards d’études du médicament, peu adaptés aux produits naturels, mais en gardant une rigueur scientifique et statistique indispensable. Nous voulons croire que cela est possible et sommes disponibles pour participer à établir les critères de telles études.

De telles études pourraient être financées sur fonds public via des appels d’offres ciblés, les sommes nécessaires sont minimes en regard des efforts consacrés à des approches par des médicaments allopathiques.

Manuka – Leptospermum scoparium

Les huiles essentielles sont elles antivirales ? Part IV

Nous avons déjà discuté dans les précédents articles des connaissances acquises notamment in vitro sur des tests cellulaires. Comme nous l’avons vu, une grande diversité d’huiles et donc de principes actifs, peuvent manifester une activité. Les virus de l’herpes ont été principalement étudiés et souvent une activité directe sur les enveloppes virales est responsable de l’action antivirale. Dans quelques cas une action sur la réplication a pu être démontrée.

Part I; Part II; Part III

L’activité d’une huile essentielle sur un type viral donné ne préjuge en rien de l’activité sur un autre virus.

Nous allons voir dans cet article ce qui a été démontré dans la littérature au delà des virus herpétique, déjà évoqués, sur des virus à tropisme respiratoire.

La figure 1 présente les virus responsables d’affections respiratoires les plus communes et une idée approximative de leur implication. Pour chaque type viral il existe, parfois, plusieurs virus entraînant des pathologies de la plus asymptomatique à la plus sévère. Il y a, par exemple, plusieurs types de virus influenza chacun avec de multiples variants. De même, pour les coronavirus dont plusieurs centaines voire milliers existent.

Figure 1: Principaux virus respiratoires et leur importance supposée dans les infections ORL et bronchique
La partie gauche de l’image est empruntée à une présentation de Manuel Schibler, Laboratoire de virologie des Hôpitaux universitaires de Genève

Il existe quelques études sur l’intérêt des huiles essentielles comme antiviral sur les virus Influenza et des résultats très parcellaires sur d’autres virus respiratoires. Un seul article, que nous discuterons porte sur un coronavirus.

Le tableau 1 résume les principales études disponibles.

Tableau 1: Synthèse des principales études concernant des virus à tropisme respiratoire et l’effet d’huiles essentielles ou leur composants.
En violet l’huile essentielle ou la substance testé dans l’étude

Action des huiles essentielles sur un coronavirus

A notre connaissance, un seul article mentionne une étude de l’action de différentes huiles essentielles sur un coronavirus.

Une publication, en 2008, de Monica Loizzo de la faculté de Pharmacie de Calabre (Italie) en association avec des chercheurs de la faculté des Sciences de Beyrouth d’autres chercheurs italiens et allemands décrit dans le journal Chemistry and Biodiversity la composition de plusieurs huiles essentielles extraites de plantes originaires du Liban et l’activité in vitre de ces huiles essentielles sur les virus de l’herpès type 1 et le coronavirus SARS-CoV (virus responsable de l’épidémie de SARS en 2002-2004).

Loizzo et al. Chemistry & Biodiversity 2008, 5:461

Les huiles essentielles étudiées sont extraites des plantes suivantes: Laurus nobilis, Juniperus oxycedrus ssp. oxycedrus, Thuja orientalis, Cupressus sempervirens ssp. pyramidalis, Pistacia palaestina, Salvia officinalis, and Satureja thymbra. Pour le Laurier et le Thuja les huiles essentielles sont extraites des baies et des fruits.

Les principaux résultats antiviraux sont décrits dans un tableau de la publication. Les huiles de Laurier et de Thuja montrent une activité modérée sur le virus du SRAS avec des concentrations inhibitrices les plus faibles.


Table de résultats de la publication de Loizzo et al. 2008

Ces résultats ont permis à plusieurs auteurs et sites internets de faire la promotion de l’huile essentielle de Laurier noble dans le cadre de la prévention du Covid-19; le virus SARS-CoV1 étant relativement proche. Si il est possible, éventuellement, d’évoquer la proximité des deux virus l’huile essentielle décrite dans la publication est issue de la distillation de baies alors que l’huile essentielle commerciale classiquement disponible est issue de feuilles et la comparaison de leur composition montre de larges différences.

Comparaison de l’huile de baies utilisée dans la publication de Loizzo et al. et la composition de l’huile essentielle de feuilles de laurier traditionnellement trouvée dans le commerce.

L’huile essentielle de Laurier noble commerciale est caractérisée par un taux important de 1,8-cinéole et d’a- et b- pinène, ces substances sont présentes en quantité beaucoup plus faibles dans l’huile essentielle de baies. Trois molécules sont présente en quantité importante dans l’huile essentielle utilisée dans la publication et absente dans l’huile de laurier feuille: le b-ocimène, l’érémenthine et la déhydrocostulactone. Enfin, l’huile essentielle de baie renferme de nombreuses substances non identifiées (plus de 45%) et mériterait une caractérisation plus poussée.

Si certaines huiles essentielles sont clairement actives sur des virus à tropisme respiratoire les données sont encore peu nombreuses. Sur les coronavirus l’unique étude disponible pose de nombreuses questions. D’autres données sont nécessaires et des études mériteraient d’être engagées sans délai.

L’Alliaire

Par Benjamin Delfaut

Le printemps est là, bon nombre de plantes sauvages pointent le bout de leurs tiges ça-et-là. Le confinement est propice à l’observation de la nature généreuse qui nous entoure. De véritables trésors se trouvent juste sous nos yeux, encore faut-il être capable de les reconnaître. Nous allons vous présenter l’alliaire, couramment appelée « l’herbe à l’ail ».

On la rencontre dans toute l’Europe, jusqu’à 800m d’altitude. Elle affectionne les sols plutôt calcaires. Rudérale, on la retrouve le long des haies, au pied des murs, dans les clairières et les endroits frais et ombragés. Elle partage souvent l’espace avec des plantes comme l’ortie ou le gratteron. Elle peut développer de véritables stations et devenir envahissante.

Pour la reconnaître : des feuilles cordiformes (en forme de cœur). Risque de confusion possible avec la feuille de violette, qui présente un bord régulièrement crénelé. Les bords des feuilles de l’alliaire officinale sont quant à eux irrégulièrement ondulés. Et surtout, elles dégagent une odeur subtile d’ail une fois qu’on les froisse bien entre les doigts, ce qui lui vaut son nom !

Botaniquement, l’alliaire n’a aucun rapport avec l’ail. Elle n’appartient pas à la famille des Amaryllidacées (famille de l’ail, la ciboulette, l’oignon) mais bien aux Brassicacées (la famille des choux, du radis et de la moutarde). L’alliaire est une plante bisannuelle, c’est-à-dire qu’elle effectue son cycle de vie sur deux années : la première année, la graine germe et les premières feuilles (à long pétiole) apparaissent et se développent tout l’été jusqu’à l’hiver. La deuxième année, au printemps (avril-mai) apparaissent des tiges (20 à 90 cm), portant aux extrémités de petites fleurs blanches à 4 pétales en croix. Les feuilles portées par les tiges voient leurs bouts plus pointus que les feuilles basales, et sont presque sessiles (sans pétiole). Rapidement, les premiers fruits apparaissent, il s’agit de siliques (sorte de gousses qui renferment de minuscules graines disposées de part et d’autre d’une membrane). Les fruits demeureront sur la plante toute l’année et au-delà, jusqu’à dessèchement complet de celle-ci.

L’alliaire…quand tout se mange !

L’alliaire est une plante comestible, on peut goûter à toutes ses parties ! Commençons par ses racines : on les récolte à l’automne de sa première année de vie, c’est-à-dire avant que la plante ne développe ses tiges portant les fleurs et fruits. La racine blanche de l’alliaire à l’instar du raifort ou du wasabi formera un excellent condiment à la saveur piquante (finement râpée ou mixée à tartiner).

Les feuilles sont riches en vitamine C. Elles possèdent une odeur volatile proche de l’ail (présence d’huile essentielle). Leur saveur se rapproche de l’ail et du chou, avec une légère amertume. On peut les consommer tout au long de la vie de la plante. Les jeunes feuilles sont les plus tendres, et cueillies au pic du soleil elles seront plus aromatiques. Les fleurs printanières sont comestibles et peuvent être mêlées à la cueillette. Feuilles et fleurs pourront être finement hachées et consommées crues pour relever une salade, préparées en pesto, ou simplement pour parfumer du beurre. On peut aussi blanchir les feuilles quelques instants pour limiter l’amertume et l’incorporer à un plat.

Les tiges sont aussi un régal à croquer, leur saveur est plus douce et sucrée que celle des feuilles.

Enfin, on utilise les graines (récoltées sur les plantes sèchées sur pieds, en général au printemps qui suit son cycle de vie) pour faire une sorte de moutarde. Elles ont une saveur âcre et légèrement piquante. On peut aussi frire les siliques pour les servir en amuse-bouche pour l’apéritif.

La saveur piquante caractéristique est due à la présence de glucosinolates tels que la sinigrine (généralement sous forme de sel de potassium). Au contact d’une enzyme (myrosinase), les glucosinolates s’hydrolysent pour donner des composés volatils soufrés responsables du goût piquant (idem pour la moutarde et le raifort).

L’alliaire, aussi une médicinale !

L’alliaire est antiseptique et vulnéraire, c’est-à-dire propre à la guérison des blessures et des plaies. Pour cela, on cueille l’ensemble des parties aériennes au printemps, on les écrase en boule entre les doigts et on la frotte sur la plaie de manière à mettre en contact direct le suc frais et la lésion.

La plante renferme des glucosinolates (hétérosides azotés et soufrés), une huile essentielle, des enzymes et de la vitamine C. Mais attention : seule la plante fraîche sera digne d’intérêt, les bienfaits de l’alliaire disparaissant au séchage !

L’alliaire possède les mêmes propriétés qu’une autre brassicacée : le sisymbre officinal (Sisymbrium officinale, communément appelé Vélar, Erysimum ou Herbe aux chantres), qui pousse sur les mêmes types de sol mais plus tardivement.

On emploie le suc frais en tant qu’anti-inflammatoire des muqueuses buccales, pharyngées et laryngées. Pour traiter une mucite, on pourra mâcher directement la plante puis la recracher, et répéter cette opération à volonté sur la journée. On pourra aussi faire des bains de bouche d’une infusion de plante fraîche (voir le mode de préparation ci-après).

Par voie interne, on traitera l’enrouement, l’extinction de voix, la laryngite, la pharyngite. Et si l’infection se localise au niveau de bronches, avec production de mucosités et une toux sifflante, ses propriétés expectorante et mucolytique en feront une bonne alliée qu’on combinera au bouillon blanc, au lierre terrestre, à l’eucalyptus ou encore à l’aunée.

Une forme sirupeuse de plante fraîche est intéressante pour traiter les troubles ORL précités. En pratique, on recouvre la plante fraîchement cueillie et broyée avec du sucre, du sirop simple ou du miel. On patiente 24 heures, on filtre la préparation et on utilise directement la solution sucrée gorgée du suc de la plante, à raison d’une cuillère à café 3 à 4 fois par jour (cette solution ne convient pas aux personnes diabétiques).

Pour les bronches encombrées spécifiquement, on pourra réaliser un sinapisme : il s’agit d’une forme de cataplasme à partir d’un broyat des graines. Les glucosinolates qu’elles contiennent, après hydrolyse enzymatique, libèrent des composés soufrés volatils aux propriétés rubéfiantes et expectorantes.

Sinon, on pourra réaliser une infusion de plante fraîches : on verse 1L d’eau frémissante non bouillante sur 30g de plante, on laisse infuser 10 à 15 minutes avant de filtrer. On boira la préparation en 3 fois, entre les repas.

Si on veut préparer un remède qu’on puisse conserver et utiliser tout au long de l’année, on privilégiera dans ce cas la forme teinture-mère de la plante fraîche : pour cela on cueille au printemps les parties aériennes, on les place dans un bocal (plantes bien tassées), et on recouvre d’un alcool à 70° au minimum. On laisse au moins 15 jours en macération en agitant quotidiennement le bocal. On comptera ensuite l’équivalent de 30 gouttes 3 fois par jours jusqu’à amélioration des symptômes. Cette forme ne convient pas aux personnes pour lesquels l’alcool est contre-indiqué.

Par ailleurs, l’alliaire est diurétique (adjuvante des traitements des œdèmes et de la rétention liquidienne tissulaire). Enfin, ses propriétés antiseptiques permettent à cette plante-aliment au même titre que le thym, le serpolet, l’origan d’affaiblir la flore intestinale pathogène au profit d’une flore commensale saine.

Un baume aux huiles essentielles pour l’herpes labial

Maintenant que nous avons bien étudié la littérature scientifique du domaine autant en profiter pour composer de manière rationnelle un baume contre le virus HSV-1 responsable de l’herpes labial. Voir notre article sur l’étude des huiles essentielles sur les virus de l’herpes.

Choisissons dans le panel des huiles essentielles démontrées comme antiherpétiques sur le virus HSV-1 des huiles dont les mécanismes d’action sont différents avec des effets virucides (sur l’enveloppe et la capside du virus) et des actions sur l’entrée du virus dans la cellule ou sa réplication. Attention aussi de sélectionner des huiles essentielles composées de familles chimiques variées pour avoir une action aussi multifactorielle que possible.

Nous pourrions choisir une synergie composée d’huile essentielle de cèdre de l’atlas, de matricaire, de manuka et de bois de santal blanc. Un bon véhicule pourrait être le beurre de karité pour faire un baume qui puisse être apposé directement sur la peau au niveau de la lésion herpétique.

En terme de proportions; pour 20g de beurre de Karité vous pouvez incorporer par trituration avec une petite spatule préalablement désinfectée à l’alcool à 70°, 5% d’huiles essentielles soit environ 25 gouttes d’huiles essentielles au total. Une répartition pourrait être 6 à 7 gouttes de chacune des 4 huiles essentielles choisies.

Votre baume peut alors mis dans un petit pot bien propre (désinfection à l’alcool préalable) et ne pose pas de problème de conservation particulier. L’application se fera localement sur les lésions avec la possibilité de renouveler l’application jusqu’à 3 fois par jour.

Les huiles essentielles sont elles antivirales Part III

Nous verrons dans cette article les connaissances essentiellement tirées d’expérience in vitro sur les activités antiherpétiques des huiles essentielles.


Quelques rappels sur les tests in vitro d’activité antivirales.

Affirmer une activité antivirale est particulièrement délicat et il convient de prendre en compte plusieurs spécificités des virus. 1) Les virus ne peuvent se multiplier sans le support de leur hôte. Il n’ont pas, en effet, la machinerie complète permettant une réplication et ne possèdent que une information génétique minimale. Ils vont donc « emprunter » à leur hôte l’ensemble de la machinerie cellulaire nécessaire pour traduire leur information génétique afin de fabriquer de nouvelle particules virales. Plus qu’un simple emprunt, une fois la machine cellulaire utilisée elle est souvent détruite par le virus. 2) Les virus sont très petit de 10 à 400 nm (100 nm = 0,0001 millimètre) et ceux qui nous intéressent pour les pathologies humaines parfois très dangereux à manipuler.

Ces éléments entraînent des contraintes importantes pour la réalisation d’essais pour tester d’éventuels antiviraux. D’abord au niveau des locaux et des équipements. Certaines expérimentations ne peuvent être réalisées que dans des laboratoires hautement spécialisés avec des conditions de sécurité extrêmes. De plus, les tests ne sont jamais simple à mettre en oeuvre et demande d’avoir recours à des cultures cellulaires adéquates. L’identification du type de cellules et des conditions de culture qui permettront une réplication du virus étant, déjà, un défi de recherche important. Enfin, la mise au point d’un protocole fiable pour identifier a quel stade de l’infection ou de la réplication virale les composés vont êtres actifs est une complexité de plus de ce type de tests.

La mise au point et la réalisation de tests antiviraux sont donc affaire de laboratoires et de chercheurs très spécialisés et sont rarement des routines très simples. La littérature dans le domaine des huiles essentielles antivirales est donc beaucoup moins importante que celle sur des bactéries, organismes plus faciles à cultiver et étudier. Seules quelques souches virales parmi les plus simples à manipuler ont été étudiées. Par exemple, l’effet des huiles essentielles sur les virus de l’herpes (cet article) et les virus respiratoires dont ceux de la grippe (prochain article) ont donné lieu à une littérature relativement abondante.

Rappelons qu’il est impossible d’affirmer qu’un produit actif sur un type viral sera actif sur un autre type de virus même si ces virus appartiennent à une famille ou un groupe similaire. Pour être plus précis, même si les virus herpétiques et les coronavirus sont des virus enveloppés, le fait qu’une huile essentielle ait été démontrée active sur les virus herpétiques en détruisant son enveloppe ne permet pas de conclure qu’elle l’est aussi sur les coronavirus et en particulier le SARS-CoV2.

Les huiles essentielles actives sur les virus de l’herpes

Il existe deux types de virus herpétique HSV-1 (herpes simplex virus 1) et HSV-2, le premier est responsable de l’herpes labial le second de l’herpes génital. Les test in vitro sont validés depuis longtemps est relativement simple à mettre en route, c’est donc naturellement sur ce type de virus que la littérature sur les huiles essentielles est la plus abondante. Quelques publications rapportent également l’activité du composé majoritaire d’une huile essentielle donnée.

Nous proposons ci-dessous une synthèse des principaux résultats publiés (Tableau 1 et 2). Les protocoles mis en oeuvre sont tous issus d’infection virale sur des cultures cellulaires. En fonction du protocole expérimental (temps d’introduction des différents éléments sur la culture et temps de contact entre virus/cellules et antiviraux) il est possible de distinguer un effet sur le virus lui même avant pénétration cellulaire, sur la pénétration du virus dans la cellule ou sur le processus de réplication virale intracellulaire. Dans beaucoup de cas les huiles essentielles agissent sur la structure du virus -enveloppe ou capside- en l’altérant avant même la pénétration cellulaire (effet sur « l’infectivité » ou virucide). Pour quelques cas une action sur la réplication à pu être démontrée.

Tableau 1
Tableau 2

Outre ces huiles essentielles ou composés majoritaire dans une huile essentielles données de nombreuses autres huiles essentielles ont été testées positivement sur HSV-1 et/ou HSV-2. Une synthèse de ces résultats est fournie ci dessous (Tableau 3).

Tableau 3

Discussion et Conclusion

La littérature in vitro est abondante, trop, peut être, si l’on considère le nombre d’huile essentielles qui montrent une activité sur ces types de virus. Il est possible de penser à un effet complètement aspécifique ou toute huile essentielles testée serait active ! Pourtant à y regarder de plus près les huiules ayant démontrées une activité sur les virus herpétiques 1 et 2 font apparaître plusieurs « clusters » de molécules communes.

  • Le groupe Phénols et dérivés: thymol – carvacrol – eugénol
  • Les Aldéhydes: cinnamaldéhyde et citrals
  • Les Sesquiterpènes et sesquiterpénols: germacrène, himachalène, spathulénol, santalol
  • Les Lactones sesquiterpéniques: leptospermone

Les monoterpènes et monoterpénols sont absents ou peu représentés ainsi que les esters ou les oxydes. Il n’est pas fait mention dans la littérature in vitro des huiles essentielles de ravintsara ou niaouli (huiles riche en 1,8-cinéole) pourtant largement recommandées dans cette indication dans les livres d’aromathérapie. Ceci ne préjuge en rien de l’activité possible de ces huiles, elle n’ont juste pas encore donné lieu à des études in vitro sur ces virus.
Certaines publication font état également de résultats négatifs avec certaines autres huiles (non mentionnées dans cette revue) ou sur certaines autres souches virales. Il est donc possible, dans bien des cas, de s’assurer de la spécificité de l’action d’autant plus qu’en fonction des conditions expérimentales, différents mécanismes d’actions semblent possibles. Ces derniers éléments permettent d’envisager la réalisation de synergies intéressantes combinant une action à différents niveaux de l’infection virale.

Vous ne verrez dans cette revue aucune mention d’article rapportant les résultats d’une d’étude clinique. Il n’y a, en effet, pas de publication clinique et c’est bien regrettable. Il est de notre point de vue urgent de promouvoir une recherche clinique de qualité sur ces sujets.

Fabriquer une solution antiseptique avec des huiles essentielles antivirales

Sur la base de l’analyse effectuée dans notre article précédent sur les huiles essentielles antivirales nous vous proposons des recettes simples pour faire des solutions antiseptiques.

Attention ! Il faut en tout état de cause privilégier les solutions hydro-alcoolique validées suivant la recette préconisée par l’organisation mondiale de la santé à base d’alcool, d’eau oxygénée et de glycérine. Notamment dans des contextes de soins professionnels. Par contre, vous pouvez aussi avoir à la maison des solutions complémentaires avec peu d’ingrédients judicieusement choisis et dosés. C’est le but de cet article.

De nombreux tutoriels sont actuellement disponibles sur internet avec parfois des erreurs en terme de solubilité surtout lorsque des huiles essentielles sont ajoutées. Rappelons que les huiles essentielles sont solubles uniquement dans les corps gras et l’alcool à très fort degré alcoolique et pas dans l’eau. Le gel d’aloé qui est composé à 98% d’eau ne peut contenir qu’un faible pourcentage d’huile essentielle qui seront dispersées dans le gel.

Pour faciliter la réflexion nous avons résumé les caractéristiques de solubilité de différents produits facilement disponibles et souvent évoqués dans les articles actuels dédiés à ce sujet. Gel d’aloé, alcool à 90°, eau, huiles essentielles et un dispersant comme le cétiol. Il est, bien sur, possible de remplacer l’eau par un hydrolat antiseptique.

Tableau des solubilités

Il est donc possible de concevoir des gels en utilisant des bases du commerce spécialement formulés pour y ajouter des huiles essentielles ou du gel d’aloé plus courant dans nos placards maison. Par contre l’alcool va provoquer une coagulation de certains composés présents dans le gel et le pourcentage d’huiles essentielles incorporable dans le gel d’aloé doit être modéré.
Il est aussi possible de concevoir des solutions à base d’alcool et d’huiles essentielles, attention à leur caractère rapidement desséchant pour la peau et préférer donc leur utilisation pour la désinfection des surfaces. Attention également au caractère très inflammable de ces solutions. Enfin, un mélange, alcool, eau et huiles essentielles est tout à fait possible à condition de pré-diluer les huiles essentielles dans un dispersant solubol, cétiol etc…

Pour votre choix des huiles essentielles reportez vous aux tableaux publiés dans nos articles précédents:

Les Huiles essentielles sont elles antivirales ? Part I

Les huiles essentielles sont elles antivirales ? Part II

Nous avons opté ici avec une démonstration avec trois huiles essentielles inspirées par les expériences menées in vitro et choisi une huile essentielle de chacun des chemotype typique. L’orange douce riche en limonène, l’eucalyptus de Smith riche en cinéole et l’huile essentielle d’écorce de cannelle de Ceylan riche en cinnamaldéhyde.
En faisant un mélange à 40% d’HE d’eucalyptus de Smith, 40% d’essence d’orange douce et 20% d’HE de cannelle écorce nous optenon un mélange équilibré avec la présence préférentielle de trois molécules aux propriétés antiseptiques virale démontrées.

Diversité chimique des huiles essentielles considérées (chaque couleur correspond à une molécule différente, présente en proportion variable d’une HE à une autre) et modélisation de la composition chimique de la synergie proposée.

Des produits pour la maison et la salle de bain; ménage, beauté, bien être !

Claire à un placard plein de merveilles et nous demande par mail ce qu’elle peut bien en faire. Voici Claire une liste de produits que vous pourrez réaliser avec vos ingrédients.


Avec vos huiles essentielles

Et des cosmétiques !

Encore plus de produits et de remèdes !

Une huile antidouleurs

Encore plus de pIl vous reste encore des produits à utiliser ? Vous pouvez vous faire une de massage pour soulager douleurs et contractures musculaires avec à défaut d’une autre huile végétale votre huile de bourrache et vos huiles essentielles d’Eucalyptus citronné, de Lavande vraie et de menthe poivrée. Prenez 30 ml d’huile végétale et ajouter y 20 à 25 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus citronné (anti-inflammatoire), de Lavande vraie (décontractante musculaire) et 10 gouttes d’Huile essentielle de menthe poivrée (analgésique). Massez les muscles et articulations douloureuses.

Une poudre à récurer

Une formule toute simple pour faire un bon nettoyage de vos éviers, baignoires et douches ! Prenez simplement votre bicarbonate et ajouter quelques gouttes d’huiles essentielles d’Arbre à thé (= Tea tree), un très bon désinfectant et quelques gouttes d’Essence de citron pour ses propriétés désinfectante et aussi son odeur rafraîchissante !

Et dans la cuisine !

Et pourquoi pas aussi utiliser vos huiles essentielles en cuisine ? Vous pouvez ajouter à votre salade de fruits frais 2 ou 3 gouttes de votre essence de pamplemousse …

Et si vous avez chez vous un lait végétal (lait d’amande, d’avoine, de riz….) vous pouvez y ajouter 2 gouttes d’essence de citron…. un délice !

Claire nous avons utilisé tout votre placard ! N’hésitez pas si vous trouver d’autres merveilles dans vos tiroirs !!! Vérifiez tout de même que tout vos produits ont encore des dates de péremption valides.

La Chélidoine

Par Benjamin Delfaut

Vous avez sans doute déjà entendu parler de cette plante-remède, certains parmi vous la connaissent même très bien…Il s’agit de la chélidoine ou Chelidonium majus. En grec, « chelidôn » signifie « hirondelle ». Dans la médecine populaire médiévale, on disait que cette plante poussait à l’arrivée des hirondelles et que ses fleurs fanaient à leur départ. On la nomme aussi « l’herbe aux verrues » car l’application locale du latex jaune orangé qui s’écoule de ses tiges coupées permet de venir rapidement à bout de la plupart des verrues. Un autre nom populaire pour cette jolie plante printanière est « la grande éclaire » puisqu’on utilisa longtemps le latex dilué ainsi que les feuilles en décoction en ophtalmologie pour traiter certaines atteintes de la cornée.

Pour l’identifier au jardin :

La chélidoine est une plante vivace, herbacée (20 à 80cm de haut), très commune en France. Rudérale, on la retrouve souvent le long des murs ou dans les décombres, les friches, jusqu’à 1700m d’altitude. Elle affectionne les sols azotés et riches en calcaire. Elle appartient à la famille des Papavéracées (coquelicot, fumeterre, etc.). La tige cylindrique est creuse, cassante et hérissée de poils épars ; elle renferme un latex jaune orangé corrosif qui s’oxyde à l’air et brunit en séchant. Les feuilles à la base présentent un pétiole a contrario des feuilles au sommet qui sont sessiles. Les feuilles sont molles, profondément découpées en 5 à 7 segments ovales à marge ondulée. La face inférieure des folioles est vert glauque, on observe quelques poils épars tandis que la face supérieure est glabre.

Dès le mois d’avril débute la floraison, qui se poursuivra jusqu’en octobre voire parfois jusqu’en hiver. La fleur comporte 4 pétales jaunes et de nombreuses étamines. Le fruit est une capsule allongée de 3 à 5cm, renfermant de minuscules graines noires disposées sur deux rangs.

Que renferme la chélidoine ?

La chélidoine renferme de nombreux alcaloïdes isoquinoléiques (chélidonine, sanguinarine, coptisine, chélérythrine, berbérine)  ainsi que de la spartéine. Ces nombreux alcaloïdes sont plus ou moins concentrés dans la plante (de 0,3 à 1,3% dans les parties aériennes et jusqu’à 3% dans la racine). La plante renferme également des flavonoïdes et des caroténoïdes responsables de la couleur des pétales.

Les alcaloïdes contenus dans la chélidoine rendent cette plante toxique (hépatotoxique entre autres) ! Bien que classée sur la liste A des plantes médicinales dans la Pharmacopée française, la médecine moderne déconseille fortement l’usage de la chélidoine par voie orale, du fait de son caractère toxique.

À quoi peut-elle bien servir ?

La chélidoine est une très bonne plante médicinale, dès lors qu’on en fait un usage subtil et parcimonieux, et surtout tant qu’on garde à l’esprit que cette plante puissante peut tout autant nous soigner que nous empoisonner.

Débutons par quelque chose de simple : l’application locale du latex pour traiter une verrue, un cor ou un durillon.

Ce suc jaune-orangé développé par la plante semble être un mécanisme de défense du végétal pour contrer ses divers ennemis : herbivores, micro-organismes pathogènes (bactéries, virus, champignons).

  • Application locale :

Il suffit de couper une tige, le suc jaune-orangé s’écoule alors de lui-même. On vient tamponner la verrue avec la section de la tige, sans déborder sur la peau saine. Le latex de la chélidoine est corrosif, il contient des enzymes protéolytiques qui vont digérer progressivement les strates qui constituent la lésion. Par ailleurs, la chélidoine possède une activité antivirale et immunomodulatrice, ce qui permet de se débarrasser définitivement de la verrue. On renouvelle l’application 2 fois par jour jusqu’à disparition complète de la verrue. Et si vous avez à la maison une fiole d’huile essentielle de Ravintsara (excellent antiviral large spectre et immunostimulant), alors vous pourrez alterner entre l’application du suc frais et d’une goutte d’HE de Ravintsara. Cette méthode convient, même aux enfants, dès l’âge de 3 ans.

N.B. : Il conviendra toujours de cueillir un morceau de tige juste avant chaque nouvelle application. Toutefois, si vous n’avez pas de la chélidoine à profusion au jardin, il sera possible d’en cueillir une belle partie et de la conserver durant 2 jours au réfrigérateur en vue d’une cueillette ultérieure.

Aussi, la composition du latex varie au fil des saisons. Les meilleurs moments pour la récolter sont au mois d’avril (concentration la plus forte en principes actifs) ou juste au moment où les fruits apparaissent dans l’été. Le reste du temps, vous pourrez tout de même l’employer, néanmoins la durée du traitement sera sans doute rallongée de quelques jours ou semaines.

  • Autres usages :

Passons à présent aux autres bienfaits de la chélidoine. Il s’agit d’une plante tonique amère. Cholérétique et antispasmodique (mis en évidence chez l’humain), elle est recommandée pour traiter les troubles hépato-biliaires, les spasmes biliaires et/ou intestinaux et soutenir les intestins paresseux qui ont du mal à digérer les repas gras. Légèrement analgésique (démontré chez l’humain), elle permet aussi prévenir et traiter un début de migraine d’origine digestive. (1)

Pour toutes ces indications, le mot d’ordre sera « une utilisation ponctuelle », un à trois jours de prise puis arrêt. On cueillera les parties aériennes au printemps, qu’on fera sécher (la plante fraîche étant trop toxique). On pourra faire une tisane : compter une cuillère à soupe de plante par tasse. Bouillir 3 min puis infuser 10 minutes avant de filtrer. Compter 2 tasses par jour, à boire avant les principaux repas. Le fait d’employer la plante en mélange et non seul permettra de prolonger la prise de quelques jours (sans dépasser une semaine toutefois). Ainsi, si ce sont des spasmes intestinaux qu’on ciblera, on pourra combiner la chélidoine à la menthe poivrée, la mélisse ou la matricaire (d’autant plus que le goût de la chélidoine n’est pas très agréable). Pour des migraines d’origine hépatique, on pourra combiner la chélidoine à la partenelle. Enfin, pour des troubles biliaires, on pourra l’associer au boldo et la fumeterre.

La prise de chélidoine par voie orale sera contre-indiquée aux femmes enceintes ou allaitante, aux enfants, ainsi qu’aux personnes atteintes d’hépatite, de cirrhose ou toute autre situation d’inflammation/souffrance hépatique.

Il existe un moyen de bénéficier du pouvoir thérapeutique de la chélidoine en s’affranchissant de sa toxicité potentielle. Il suffit pour cela de réaliser une dilution importante d’un extrait de cette plante : à partir d’une dilution homéopathique au D3 (dilution au 1/1000ème d’une teinture-mère de chélidoine), la concentration des molécules toxiques devient trop faible pour porter préjudice à son utilisateur. La prise du remède à partir d’une dilution D3 pourra se faire de manière prolongée de façon à travailler en profondeur sur un terrain sans risquer d’abîmer son foie !

La Fumeterre

Par Benjamin Delfaut

Nul besoin d’aller très loin pour mettre le nez sur des plantes médicinales ! Nous vous présentons aujourd’hui la fumeterre. Au fond du jardin, sur un talus, un tas de pierre ou contre un mur, vous y trouverez certainement de beaux spécimens de cette plante bienfaitrice. Alors, ne la piétinez plus et préservez-la ! Elle a tant de vertus.

Zoom sur la Fumeterre :

Fumaria sp.

Fumaria officinalis L. est désormais incluse dans la famille des Papavéracées (dont font partie le coquelicot et la chélidoine). Le nom du genre Fumaria dérive de l’allemand « Edraute » qui signifie « Rue des champs » et par glissement a donné « Edrauch » qui signifie « Fumée de terre ». Il s’agit d’une petite plante herbacée annuelle (30 à 80cm), cosmopolite des décombres. En France, elle apparaît au mois de février. Sa racine est pivotante et de taille bien inférieure aux parties aériennes ; sa tige, dressée ou rampante, est frêle et délicate : on a vite fait d’arracher la fumeterre par mégarde ! Les feuilles sont alternes et divisées, de couleur vert glauque.  On constate deux saisons de floraison : une au printemps (mars à mai), la seconde à l’automne si les conditions le permettent. Les fleurs sont regroupées en grappes à l’extrémité des tiges : elles sont rose clair, marqué de pourpre foncé voire de brun au sommet. Les fruits sont de minuscules capsules ovoïdes. Toute la plante dégage une légère odeur âcre. La fumeterre a une saveur amère qui a tendance à s’accroître au séchage.

Que renferme la fumeterre ?

En médecine, on emploie l’ensemble des parties aériennes fleuries.

La fumeterre renferme une forte teneur en sels minéraux (potassium) lui conférant une action diurétique. Elle contient aussi des tanins (astringence), des flavonoïdes (rutoside, isoquercétine), de l’acide fumarique et des acides-phénols qui vont participer à l’amertume de la plante. On retrouve de très nombreux alcaloïdes (près d’une centaine décrits au travers des différentes espèces de fumeterre) qui sont titrées à près de 0,3% du totum de la plante ; l’alcaloïde principal étant la protopine.

Protopine

À quoi peut-elle bien servir ?

L’amertume de la fumeterre (notamment en infusion des parties aériennes séchées) permet de stimuler l’appétit chez les convalescents (plante apéritive). Elle stimule l’ensemble des sécrétions digestives, principalement lorsque celles-ci font défaut : salivation, sucs gastriques, bile. Dans ce cas, prendre une tasse concentrée d’infusion 20 à 30 minutes avant de se mettre à table.

La fumeterre est amphocholérétique : cela signifie qu’elle est régulatrice du flux biliaire. Elle permet de stimuler les sécrétions biliaires par les hépatocytes lorsque le flux est insuffisant, a contrario elle diminuera cette fonction sécrétrice pour s’opposer à un débit trop important ; et elle facilite l’élimination de la bile (cholagogue). Elle exerce une action antispasmodique, en particulier au niveau du sphincter d’Oddi qui contrôle l’évacuation tant de la bile que des enzymes pancréatiques dans la lumière intestinale qui permettra une bonne digestion. Elle est indiquée dans les troubles hépato-biliaires (spécialité Oddibil® disponible en pharmacie): boue biliaire, dyskinésie biliaire, insuffisance de sécrétion hépato-biliaire, troubles digestifs liés à la prise de psychotropes. Aussi, elle améliore cliniquement les migraines d’origine digestive. En cas de lithiase, la prudence s’impose pour ne pas risquer d’aggraver la situation. L’action de la fumeterre est relativement douce et harmonieuse sur le plan vésiculaire, elle ne sera pas aussi drastique que l’artichaut ou le radis noir. Toutefois, on évitera de la prendre en automédication dans le cadre d’une indication décrite ci-dessus, mais seulement après un avis médical favorable.

La fumeterre est aussi un bon diurétique, elle sera indiquée dans les problèmes de rétention d’eau, ou en adjuvant d’un traitement contre l’hypertension (aubépine, olivier).

La fumeterre est une excellente plante pour réaliser une cure de drainage saisonnière !

L’expérience de l’usage traditionnel nous apprend que la durée de prise de la fumeterre en fera varier ses effets. En effet, si on la prend sur une dizaine de jours tout au plus, alors elle agira comme un tonique (sur les troubles digestifs et sur l’état général). Dans ces indications, on se limitera à des cures courtes, et on imposera des pauses thérapeutiques d’au moins 15 jours entre deux fenêtres de travail.

Si on poursuit la prise au-delà de 10 jours, alors la plante devient calmante (cela est dû principalement à ses alcaloïdes). À ce stade, elle devient tout indiquée pour les tempéraments agités, hypertendus (avec +/- une répercussion cardiaque de cette agitation : arythmie, tachycardie). Elle conviendra particulièrement lorsque le sujet sera pléthorique.

Sur une prise prolongée (minimum 1 mois) par voie interne et/ou externe (compresses imbibées de l’infusion qu’on boit), elle soutiendra la fonction d’élimination de l’émonctoire peau, qui est interdépendant du foie. Traditionnellement, on la recommande pour traiter les prurits, le psoriasis, l’eczéma suintant et les dartres.

Comment l’employer ?

On peut employer la fumeterre à l’état frais comme à l’état sec. Fraîches, les parties aériennes fleuries devront être utilisées sans attendre. Une fois séchées rapidement au soleil par temps sec ou sur des claies à l’ombre dans une enceinte contrôlée, les parties aériennes fleuries peuvent se conserver à l’abri de l’humidité et de la lumière durant au moins 2 ans. On infusera pendant 15 minutes, 5g de plante sèche ou 10g de plante fraîche pour 500mL d’eau frémissante. À boire en 3 fois avant les repas. Si l’amertume est un frein, usez d’ingéniosité et combinez-là à la menthe, la mélisse ou encore la matricaire.

On peut aussi réaliser une teinture-mère de fumeterre (bonne extraction des alcaloïdes en milieu alcoolique). On prendra l’équivalent de 30 gouttes 20 à 30 minutes avant les principaux repas, d’une teinture-mère au D1 (dilution au 1/10ème dynamisée après une macération de 3 semaines des plantes fraîches dans un alcool à 80° minimum, 1 part de plante fraîche pour 2 parts d’alcool).

Le Lamier Blanc

Par Benjamin Delfaut

Quelle est donc cette plante dont la tige et les feuilles ressemblent tant à l’ortie piquante ? Il s’agit du lamier blanc, on l’appelle aussi ortie blanche. Son nom botanique : Lamium album. Très commune en France, elle affectionne les sols riches et bien drainés et on la retrouve souvent dans les mêmes coins que l’ortie piquante (Urtica dioica, Urticacées). Nous allons voir comment les distinguer assez facilement dans cet article.

Botanique du Lamier blanc :

Lamium album

Il s’agit d’une plante herbacée vivace qui a donné son nom à sa famille botanique : les Lamiacées. [Critères d’identification des Lamiacées : une tige quadrangulaire, des feuilles opposées et décussées, des fleurs en gueule de loup, le fruit est un tétrakène (4 petites loges, chacune comportant un akène, c’est-à-dire un fruit sec indéhiscent)].

Elle n’est pas aromatique lorsqu’on froisse ses feuilles, contrairement à ses cousines (menthe, thym, sarriette, lavande, etc.). Avant le début du printemps, pour distinguer l’ortie du lamier, il suffira d’observer l’insertion des feuilles sur la tige : l’ortie possède pour chaque feuille deux stipules à l’aisselle de la tige, sorte de petite feuille non développée en forme de languette. Le lamier quant à lui n’en possède pas. Pour les plus courageux, vous pouvez aussi tenter de froisser les feuilles : si rien ne se passe, vous êtes en présence du lamier (dont la feuille est duveteuse). Si à l’inverse cela vous irrite, c’est que vous avez devant vous l’ortie piquante : ses feuilles possèdent des petits poils urticants, de véritables aiguillons gorgés de molécules pro-inflammatoires.

Ensuite, du printemps jusqu’au début de l’été, le lamier blanc développe régulièrement le long des tiges de belles fleurs blanches. Elles se disposent à l’aisselle des feuilles en verticilles (au même niveau, en cercle autour de l’axe de la tige) par 6 à 15 fleurs. À ce stade, la plante peut mesurer de 30 à 90cm. L’inflorescence de l’ortie piquante est morphologiquement bien différente, vous ne pourrez pas vous tromper (grappe de minuscules fleurs).

Que contient le lamier blanc ?

Intérêt gustatif du lamier blanc :

Une omelette au champignons ou au lamier ?

Les feuilles du lamier blanc sont bonnes comestibles, un véritable légume-feuille à consommer sans modération ! Elles présentent une saveur subtile de champignon. Deux fois moins riche en protéines que l’ortie, le lamier en contient tout de même près de 20g pour 100g de plante sèche. On privilégiera les jeunes pousses printanières car elles seront plus tendres et savoureuses, d’autant plus si on les dégustera crues en salade. On les cuisinera volontiers en beignet ou en omelette ; également elles pourront aromatiser une soupe. Les fleurs sont un peu sucrées puisque riches en nectar.

Les parties aériennes fleuries du lamier blanc renferment 0,3 à 0,5% de flavonoïdes (rutoside, tiliroside, quercétine), des tanins, des hétérosides d’iridoïdes et séco-iridoïdes (lamalbide, alboside A et B, caryoptoside), des saponosides triterpéniques, des acides phénols (acide chlorogénique, lamalboside, verbascoside, acide coumarique) et des alcaloïdes (2%, stachydrine).

Propriétés et indications du lamier blanc :

En application locale, il permet de lutter contre les desquamations, les pellicules ainsi que les démangeaisons du cuir chevelu (plante sèche réduite en poudre dans un shampoing solide fait maison, ou faire une infusion concentrée à appliquer en lotion de rinçage).

En bain de siège, il permet de traiter la leucorrhée (rôle antibactérien des flavonoïdes). Pour cela, on comptera 100g de lamier à macérer toute la nuit dans 3L d’eau. Le lendemain, réchauffer et procéder au bain du siège. L’eau du bain doit recouvrir les reins. Cette eau pourra être réchauffée et utilisée encore deux fois.

Par voie interne, il facilite les fonctions digestives, soulage les douleurs hépatiques et vésicales (anti-inflammatoire, eupeptique, antidiarrhéique). Diurétique, il favorise l’élimination urinaire. On l’utilise aussi en tant qu’adjuvant dans les inflammations de la prostate.

Par ailleurs, les flavonoïdes et les saponosides du lamier blanc en font un excellent expectorant. Il sera un bon remède des encombrements bronchiques en fluidifiant les mucosités et permettant une meilleure respiration.

On pourra préparer une teinture-mère à partir des plantes fraîches du jardin. On prendra dans ce cas 30 gouttes 3 fois par jour à diluer dans un peu d’eau à prendre à distance des repas.

On pourra tout aussi bien préparer des tisanes de lamier blanc : compter au moins 30g de plante fraîche pour 750ml d’eau frémissante et infuser 15 minutes avant de filtrer.

Lamier pourpre

N.B. : Seul le lamier blanc (Lamium album) a été vraiment étudié et bénéficie d’une monographie de contrôle et d’indications officielles. Toutefois, les constituants des autres lamiers étant plutôt proches de ce dernier, on pourra tout aussi bien substituer le lamier blanc par un autre lamier : lamier pourpre (Lamium purpureum), lamier jaune (Lamium galeobdolon), etc. De même, tous les lamiers sont comestibles.

Lamier jaune