L’Alliaire

Le printemps est là, bon nombre de plantes sauvages pointent le bout de leurs tiges ça-et-là. Le confinement est propice à l’observation de la nature généreuse qui nous entoure. De véritables trésors se trouvent juste sous nos yeux, encore faut-il être capable de les reconnaître. Nous allons vous présenter l’alliaire, couramment appelée « l’herbe à l’ail ».

On la rencontre dans toute l’Europe, jusqu’à 800m d’altitude. Elle affectionne les sols plutôt calcaires. Rudérale, on la retrouve le long des haies, au pied des murs, dans les clairières et les endroits frais et ombragés. Elle partage souvent l’espace avec des plantes comme l’ortie ou le gratteron. Elle peut développer de véritables stations et devenir envahissante.

Pour la reconnaître : des feuilles cordiformes (en forme de cœur). Risque de confusion possible avec la feuille de violette, qui présente un bord régulièrement crénelé. Les bords des feuilles de l’alliaire officinale sont quant à eux irrégulièrement ondulés. Et surtout, elles dégagent une odeur subtile d’ail une fois qu’on les froisse bien entre les doigts, ce qui lui vaut son nom !

Botaniquement, l’alliaire n’a aucun rapport avec l’ail. Elle n’appartient pas à la famille des Amaryllidacées (famille de l’ail, la ciboulette, l’oignon) mais bien aux Brassicacées (la famille des choux, du radis et de la moutarde). L’alliaire est une plante bisannuelle, c’est-à-dire qu’elle effectue son cycle de vie sur deux années : la première année, la graine germe et les premières feuilles (à long pétiole) apparaissent et se développent tout l’été jusqu’à l’hiver. La deuxième année, au printemps (avril-mai) apparaissent des tiges (20 à 90 cm), portant aux extrémités de petites fleurs blanches à 4 pétales en croix. Les feuilles portées par les tiges voient leurs bouts plus pointus que les feuilles basales, et sont presque sessiles (sans pétiole). Rapidement, les premiers fruits apparaissent, il s’agit de siliques (sorte de gousses qui renferment de minuscules graines disposées de part et d’autre d’une membrane). Les fruits demeureront sur la plante toute l’année et au-delà, jusqu’à dessèchement complet de celle-ci.

L’alliaire…quand tout se mange !

L’alliaire est une plante comestible, on peut goûter à toutes ses parties ! Commençons par ses racines : on les récolte à l’automne de sa première année de vie, c’est-à-dire avant que la plante ne développe ses tiges portant les fleurs et fruits. La racine blanche de l’alliaire à l’instar du raifort ou du wasabi formera un excellent condiment à la saveur piquante (finement râpée ou mixée à tartiner).

Les feuilles sont riches en vitamine C. Elles possèdent une odeur volatile proche de l’ail (présence d’huile essentielle). Leur saveur se rapproche de l’ail et du chou, avec une légère amertume. On peut les consommer tout au long de la vie de la plante. Les jeunes feuilles sont les plus tendres, et cueillies au pic du soleil elles seront plus aromatiques. Les fleurs printanières sont comestibles et peuvent être mêlées à la cueillette. Feuilles et fleurs pourront être finement hachées et consommées crues pour relever une salade, préparées en pesto, ou simplement pour parfumer du beurre. On peut aussi blanchir les feuilles quelques instants pour limiter l’amertume et l’incorporer à un plat.

Les tiges sont aussi un régal à croquer, leur saveur est plus douce et sucrée que celle des feuilles.

Enfin, on utilise les graines (récoltées sur les plantes sèchées sur pieds, en général au printemps qui suit son cycle de vie) pour faire une sorte de moutarde. Elles ont une saveur âcre et légèrement piquante. On peut aussi frire les siliques pour les servir en amuse-bouche pour l’apéritif.

La saveur piquante caractéristique est due à la présence de glucosinolates tels que la sinigrine (généralement sous forme de sel de potassium). Au contact d’une enzyme (myrosinase), les glucosinolates s’hydrolysent pour donner des composés volatils soufrés responsables du goût piquant (idem pour la moutarde et le raifort).

L’alliaire, aussi une médicinale !

L’alliaire est antiseptique et vulnéraire, c’est-à-dire propre à la guérison des blessures et des plaies. Pour cela, on cueille l’ensemble des parties aériennes au printemps, on les écrase en boule entre les doigts et on la frotte sur la plaie de manière à mettre en contact direct le suc frais et la lésion.

La plante renferme des glucosinolates (hétérosides azotés et soufrés), une huile essentielle, des enzymes et de la vitamine C. Mais attention : seule la plante fraîche sera digne d’intérêt, les bienfaits de l’alliaire disparaissant au séchage !

L’alliaire possède les mêmes propriétés qu’une autre brassicacée : le sisymbre officinal (Sisymbrium officinale, communément appelé Vélar, Erysimum ou Herbe aux chantres), qui pousse sur les mêmes types de sol mais plus tardivement.

On emploie le suc frais en tant qu’anti-inflammatoire des muqueuses buccales, pharyngées et laryngées. Pour traiter une mucite, on pourra mâcher directement la plante puis la recracher, et répéter cette opération à volonté sur la journée. On pourra aussi faire des bains de bouche d’une infusion de plante fraîche (voir le mode de préparation ci-après).

Par voie interne, on traitera l’enrouement, l’extinction de voix, la laryngite, la pharyngite. Et si l’infection se localise au niveau de bronches, avec production de mucosités et une toux sifflante, ses propriétés expectorante et mucolytique en feront une bonne alliée qu’on combinera au bouillon blanc, au lierre terrestre, à l’eucalyptus ou encore à l’aunée.

Une forme sirupeuse de plante fraîche est intéressante pour traiter les troubles ORL précités. En pratique, on recouvre la plante fraîchement cueillie et broyée avec du sucre, du sirop simple ou du miel. On patiente 24 heures, on filtre la préparation et on utilise directement la solution sucrée gorgée du suc de la plante, à raison d’une cuillère à café 3 à 4 fois par jour (cette solution ne convient pas aux personnes diabétiques).

Pour les bronches encombrées spécifiquement, on pourra réaliser un sinapisme : il s’agit d’une forme de cataplasme à partir d’un broyat des graines. Les glucosinolates qu’elles contiennent, après hydrolyse enzymatique, libèrent des composés soufrés volatils aux propriétés rubéfiantes et expectorantes.

Sinon, on pourra réaliser une infusion de plante fraîches : on verse 1L d’eau frémissante non bouillante sur 30g de plante, on laisse infuser 10 à 15 minutes avant de filtrer. On boira la préparation en 3 fois, entre les repas.

Si on veut préparer un remède qu’on puisse conserver et utiliser tout au long de l’année, on privilégiera dans ce cas la forme teinture-mère de la plante fraîche : pour cela on cueille au printemps les parties aériennes, on les place dans un bocal (plantes bien tassées), et on recouvre d’un alcool à 70° au minimum. On laisse au moins 15 jours en macération en agitant quotidiennement le bocal. On comptera ensuite l’équivalent de 30 gouttes 3 fois par jours jusqu’à amélioration des symptômes. Cette forme ne convient pas aux personnes pour lesquels l’alcool est contre-indiqué.

Par ailleurs, l’alliaire est diurétique (adjuvante des traitements des œdèmes et de la rétention liquidienne tissulaire). Enfin, ses propriétés antiseptiques permettent à cette plante-aliment au même titre que le thym, le serpolet, l’origan d’affaiblir la flore intestinale pathogène au profit d’une flore commensale saine.

Par Benjamin Delfaut

La Chélidoine

Vous avez sans doute déjà entendu parler de cette plante-remède, certains parmi vous la connaissent même très bien…Il s’agit de la chélidoine ou Chelidonium majus. En grec, « chelidôn » signifie « hirondelle ». Dans la médecine populaire médiévale, on disait que cette plante poussait à l’arrivée des hirondelles et que ses fleurs fanaient à leur départ. On la nomme aussi « l’herbe aux verrues » car l’application locale du latex jaune orangé qui s’écoule de ses tiges coupées permet de venir rapidement à bout de la plupart des verrues. Un autre nom populaire pour cette jolie plante printanière est « la grande éclaire » puisqu’on utilisa longtemps le latex dilué ainsi que les feuilles en décoction en ophtalmologie pour traiter certaines atteintes de la cornée.

Pour l’identifier au jardin :

La chélidoine est une plante vivace, herbacée (20 à 80cm de haut), très commune en France. Rudérale, on la retrouve souvent le long des murs ou dans les décombres, les friches, jusqu’à 1700m d’altitude. Elle affectionne les sols azotés et riches en calcaire. Elle appartient à la famille des Papavéracées (coquelicot, fumeterre, etc.). La tige cylindrique est creuse, cassante et hérissée de poils épars ; elle renferme un latex jaune orangé corrosif qui s’oxyde à l’air et brunit en séchant. Les feuilles à la base présentent un pétiole a contrario des feuilles au sommet qui sont sessiles. Les feuilles sont molles, profondément découpées en 5 à 7 segments ovales à marge ondulée. La face inférieure des folioles est vert glauque, on observe quelques poils épars tandis que la face supérieure est glabre.

Dès le mois d’avril débute la floraison, qui se poursuivra jusqu’en octobre voire parfois jusqu’en hiver. La fleur comporte 4 pétales jaunes et de nombreuses étamines. Le fruit est une capsule allongée de 3 à 5cm, renfermant de minuscules graines noires disposées sur deux rangs.

Que renferme la chélidoine ?

La chélidoine renferme de nombreux alcaloïdes isoquinoléiques (chélidonine, sanguinarine, coptisine, chélérythrine, berbérine)  ainsi que de la spartéine. Ces nombreux alcaloïdes sont plus ou moins concentrés dans la plante (de 0,3 à 1,3% dans les parties aériennes et jusqu’à 3% dans la racine). La plante renferme également des flavonoïdes et des caroténoïdes responsables de la couleur des pétales.

Les alcaloïdes contenus dans la chélidoine rendent cette plante toxique (hépatotoxique entre autres) ! Bien que classée sur la liste A des plantes médicinales dans la Pharmacopée française, la médecine moderne déconseille fortement l’usage de la chélidoine par voie orale, du fait de son caractère toxique.

À quoi peut-elle bien servir ?

La chélidoine est une très bonne plante médicinale, dès lors qu’on en fait un usage subtil et parcimonieux, et surtout tant qu’on garde à l’esprit que cette plante puissante peut tout autant nous soigner que nous empoisonner.

Débutons par quelque chose de simple : l’application locale du latex pour traiter une verrue, un cor ou un durillon.

Ce suc jaune-orangé développé par la plante semble être un mécanisme de défense du végétal pour contrer ses divers ennemis : herbivores, micro-organismes pathogènes (bactéries, virus, champignons).

Il suffit de couper une tige, le suc jaune-orangé s’écoule alors de lui-même. On vient tamponner la verrue avec la section de la tige, sans déborder sur la peau saine. Le latex de la chélidoine est corrosif, il contient des enzymes protéolytiques qui vont digérer progressivement les strates qui constituent la lésion. Par ailleurs, la chélidoine possède une activité antivirale et immunomodulatrice, ce qui permet de se débarrasser définitivement de la verrue. On renouvelle l’application 2 fois par jour jusqu’à disparition complète de la verrue. Et si vous avez à la maison une fiole d’huile essentielle de Ravintsara (excellent antiviral large spectre et immunostimulant), alors vous pourrez alterner entre l’application du suc frais et d’une goutte d’HE de Ravintsara. Cette méthode convient, même aux enfants, dès l’âge de 3 ans.

N.B. : Il conviendra toujours de cueillir un morceau de tige juste avant chaque nouvelle application. Toutefois, si vous n’avez pas de la chélidoine à profusion au jardin, il sera possible d’en cueillir une belle partie et de la conserver durant 2 jours au réfrigérateur en vue d’une cueillette ultérieure.

Aussi, la composition du latex varie au fil des saisons. Les meilleurs moments pour la récolter sont au mois d’avril (concentration la plus forte en principes actifs) ou juste au moment où les fruits apparaissent dans l’été. Le reste du temps, vous pourrez tout de même l’employer, néanmoins la durée du traitement sera sans doute rallongée de quelques jours ou semaines.

Passons à présent aux autres bienfaits de la chélidoine. Il s’agit d’une plante tonique amère. Cholérétique et antispasmodique (mis en évidence chez l’humain), elle est recommandée pour traiter les troubles hépato-biliaires, les spasmes biliaires et/ou intestinaux et soutenir les intestins paresseux qui ont du mal à digérer les repas gras. Légèrement analgésique (démontré chez l’humain), elle permet aussi prévenir et traiter un début de migraine d’origine digestive. (1)

Pour toutes ces indications, le mot d’ordre sera « une utilisation ponctuelle », un à trois jours de prise puis arrêt. On cueillera les parties aériennes au printemps, qu’on fera sécher (la plante fraîche étant trop toxique). On pourra faire une tisane : compter une cuillère à soupe de plante par tasse. Bouillir 3 min puis infuser 10 minutes avant de filtrer. Compter 2 tasses par jour, à boire avant les principaux repas. Le fait d’employer la plante en mélange et non seul permettra de prolonger la prise de quelques jours (sans dépasser une semaine toutefois). Ainsi, si ce sont des spasmes intestinaux qu’on ciblera, on pourra combiner la chélidoine à la menthe poivrée, la mélisse ou la matricaire (d’autant plus que le goût de la chélidoine n’est pas très agréable). Pour des migraines d’origine hépatique, on pourra combiner la chélidoine à la partenelle. Enfin, pour des troubles biliaires, on pourra l’associer au boldo et la fumeterre.

La prise de chélidoine par voie orale sera contre-indiquée aux femmes enceintes ou allaitante, aux enfants, ainsi qu’aux personnes atteintes d’hépatite, de cirrhose ou toute autre situation d’inflammation/souffrance hépatique.

Il existe un moyen de bénéficier du pouvoir thérapeutique de la chélidoine en s’affranchissant de sa toxicité potentielle. Il suffit pour cela de réaliser une dilution importante d’un extrait de cette plante : à partir d’une dilution homéopathique au D3 (dilution au 1/1000ème d’une teinture-mère de chélidoine), la concentration des molécules toxiques devient trop faible pour porter préjudice à son utilisateur. La prise du remède à partir d’une dilution D3 pourra se faire de manière prolongée de façon à travailler en profondeur sur un terrain sans risquer d’abîmer son foie !

Par Benjamin Delfaut

La Fumeterre

Nul besoin d’aller très loin pour mettre le nez sur des plantes médicinales ! Nous vous présentons aujourd’hui la fumeterre. Au fond du jardin, sur un talus, un tas de pierre ou contre un mur, vous y trouverez certainement de beaux spécimens de cette plante bienfaitrice. Alors, ne la piétinez plus et préservez-la ! Elle a tant de vertus.

Zoom sur la Fumeterre :

Fumaria sp.

Fumaria officinalis L. est désormais incluse dans la famille des Papavéracées (dont font partie le coquelicot et la chélidoine). Le nom du genre Fumaria dérive de l’allemand « Edraute » qui signifie « Rue des champs » et par glissement a donné « Edrauch » qui signifie « Fumée de terre ». Il s’agit d’une petite plante herbacée annuelle (30 à 80cm), cosmopolite des décombres. En France, elle apparaît au mois de février. Sa racine est pivotante et de taille bien inférieure aux parties aériennes ; sa tige, dressée ou rampante, est frêle et délicate : on a vite fait d’arracher la fumeterre par mégarde ! Les feuilles sont alternes et divisées, de couleur vert glauque.  On constate deux saisons de floraison : une au printemps (mars à mai), la seconde à l’automne si les conditions le permettent. Les fleurs sont regroupées en grappes à l’extrémité des tiges : elles sont rose clair, marqué de pourpre foncé voire de brun au sommet. Les fruits sont de minuscules capsules ovoïdes. Toute la plante dégage une légère odeur âcre. La fumeterre a une saveur amère qui a tendance à s’accroître au séchage.

Que renferme la fumeterre ?

En médecine, on emploie l’ensemble des parties aériennes fleuries.

La fumeterre renferme une forte teneur en sels minéraux (potassium) lui conférant une action diurétique. Elle contient aussi des tanins (astringence), des flavonoïdes (rutoside, isoquercétine), de l’acide fumarique et des acides-phénols qui vont participer à l’amertume de la plante. On retrouve de très nombreux alcaloïdes (près d’une centaine décrits au travers des différentes espèces de fumeterre) qui sont titrées à près de 0,3% du totum de la plante ; l’alcaloïde principal étant la protopine.

À quoi peut-elle bien servir ?

L’amertume de la fumeterre (notamment en infusion des parties aériennes séchées) permet de stimuler l’appétit chez les convalescents (plante apéritive). Elle stimule l’ensemble des sécrétions digestives, principalement lorsque celles-ci font défaut : salivation, sucs gastriques, bile. Dans ce cas, prendre une tasse concentrée d’infusion 20 à 30 minutes avant de se mettre à table.

La fumeterre est amphocholérétique : cela signifie qu’elle est régulatrice du flux biliaire. Elle permet de stimuler les sécrétions biliaires par les hépatocytes lorsque le flux est insuffisant, a contrario elle diminuera cette fonction sécrétrice pour s’opposer à un débit trop important ; et elle facilite l’élimination de la bile (cholagogue). Elle exerce une action antispasmodique, en particulier au niveau du sphincter d’Oddi qui contrôle l’évacuation tant de la bile que des enzymes pancréatiques dans la lumière intestinale qui permettra une bonne digestion. Elle est indiquée dans les troubles hépato-biliaires (spécialité Oddibil® disponible en pharmacie): boue biliaire, dyskinésie biliaire, insuffisance de sécrétion hépato-biliaire, troubles digestifs liés à la prise de psychotropes. Aussi, elle améliore cliniquement les migraines d’origine digestive. En cas de lithiase, la prudence s’impose pour ne pas risquer d’aggraver la situation. L’action de la fumeterre est relativement douce et harmonieuse sur le plan vésiculaire, elle ne sera pas aussi drastique que l’artichaut ou le radis noir. Toutefois, on évitera de la prendre en automédication dans le cadre d’une indication décrite ci-dessus, mais seulement après un avis médical favorable.

La fumeterre est aussi un bon diurétique, elle sera indiquée dans les problèmes de rétention d’eau, ou en adjuvant d’un traitement contre l’hypertension (aubépine, olivier).

La fumeterre est une excellente plante pour réaliser une cure de drainage saisonnière !

L’expérience de l’usage traditionnel nous apprend que la durée de prise de la fumeterre en fera varier ses effets. En effet, si on la prend sur une dizaine de jours tout au plus, alors elle agira comme un tonique (sur les troubles digestifs et sur l’état général). Dans ces indications, on se limitera à des cures courtes, et on imposera des pauses thérapeutiques d’au moins 15 jours entre deux fenêtres de travail.

Si on poursuit la prise au-delà de 10 jours, alors la plante devient calmante (cela est dû principalement à ses alcaloïdes). À ce stade, elle devient tout indiquée pour les tempéraments agités, hypertendus (avec +/- une répercussion cardiaque de cette agitation : arythmie, tachycardie). Elle conviendra particulièrement lorsque le sujet sera pléthorique.

Sur une prise prolongée (minimum 1 mois) par voie interne et/ou externe (compresses imbibées de l’infusion qu’on boit), elle soutiendra la fonction d’élimination de l’émonctoire peau, qui est interdépendant du foie. Traditionnellement, on la recommande pour traiter les prurits, le psoriasis, l’eczéma suintant et les dartres.

Comment l’employer ?

On peut employer la fumeterre à l’état frais comme à l’état sec. Fraîches, les parties aériennes fleuries devront être utilisées sans attendre. Une fois séchées rapidement au soleil par temps sec ou sur des claies à l’ombre dans une enceinte contrôlée, les parties aériennes fleuries peuvent se conserver à l’abri de l’humidité et de la lumière durant au moins 2 ans. On infusera pendant 15 minutes, 5g de plante sèche ou 10g de plante fraîche pour 500mL d’eau frémissante. À boire en 3 fois avant les repas. Si l’amertume est un frein, usez d’ingéniosité et combinez-là à la menthe, la mélisse ou encore la matricaire.

On peut aussi réaliser une teinture-mère de fumeterre (bonne extraction des alcaloïdes en milieu alcoolique). On prendra l’équivalent de 30 gouttes 20 à 30 minutes avant les principaux repas, d’une teinture-mère au D1 (dilution au 1/10ème dynamisée après une macération de 3 semaines des plantes fraîches dans un alcool à 80° minimum, 1 part de plante fraîche pour 2 parts d’alcool).

Par Benjamin Delfaut

Le Lamier Blanc

Quelle est donc cette plante dont la tige et les feuilles ressemblent tant à l’ortie piquante ? Il s’agit du lamier blanc, on l’appelle aussi ortie blanche. Son nom botanique : Lamium album. Très commune en France, elle affectionne les sols riches et bien drainés et on la retrouve souvent dans les mêmes coins que l’ortie piquante (Urtica dioica, Urticacées). Nous allons voir comment les distinguer assez facilement dans cet article.

Botanique du Lamier blanc :

Lamium album

Il s’agit d’une plante herbacée vivace qui a donné son nom à sa famille botanique : les Lamiacées. [Critères d’identification des Lamiacées : une tige quadrangulaire, des feuilles opposées et décussées, des fleurs en gueule de loup, le fruit est un tétrakène (4 petites loges, chacune comportant un akène, c’est-à-dire un fruit sec indéhiscent)].

Elle n’est pas aromatique lorsqu’on froisse ses feuilles, contrairement à ses cousines (menthe, thym, sarriette, lavande, etc.). Avant le début du printemps, pour distinguer l’ortie du lamier, il suffira d’observer l’insertion des feuilles sur la tige : l’ortie possède pour chaque feuille deux stipules à l’aisselle de la tige, sorte de petite feuille non développée en forme de languette. Le lamier quant à lui n’en possède pas. Pour les plus courageux, vous pouvez aussi tenter de froisser les feuilles : si rien ne se passe, vous êtes en présence du lamier (dont la feuille est duveteuse). Si à l’inverse cela vous irrite, c’est que vous avez devant vous l’ortie piquante : ses feuilles possèdent des petits poils urticants, de véritables aiguillons gorgés de molécules pro-inflammatoires.

Ensuite, du printemps jusqu’au début de l’été, le lamier blanc développe régulièrement le long des tiges de belles fleurs blanches. Elles se disposent à l’aisselle des feuilles en verticilles (au même niveau, en cercle autour de l’axe de la tige) par 6 à 15 fleurs. À ce stade, la plante peut mesurer de 30 à 90cm. L’inflorescence de l’ortie piquante est morphologiquement bien différente, vous ne pourrez pas vous tromper (grappe de minuscules fleurs).

Que contient le lamier blanc ?

Intérêt gustatif du lamier blanc :

Une omelette au champignons ou au lamier ?

Les feuilles du lamier blanc sont bonnes comestibles, un véritable légume-feuille à consommer sans modération ! Elles présentent une saveur subtile de champignon. Deux fois moins riche en protéines que l’ortie, le lamier en contient tout de même près de 20g pour 100g de plante sèche. On privilégiera les jeunes pousses printanières car elles seront plus tendres et savoureuses, d’autant plus si on les dégustera crues en salade. On les cuisinera volontiers en beignet ou en omelette ; également elles pourront aromatiser une soupe. Les fleurs sont un peu sucrées puisque riches en nectar.

Les parties aériennes fleuries du lamier blanc renferment 0,3 à 0,5% de flavonoïdes (rutoside, tiliroside, quercétine), des tanins, des hétérosides d’iridoïdes et séco-iridoïdes (lamalbide, alboside A et B, caryoptoside), des saponosides triterpéniques, des acides phénols (acide chlorogénique, lamalboside, verbascoside, acide coumarique) et des alcaloïdes (2%, stachydrine).

Propriétés et indications du lamier blanc :

En application locale, il permet de lutter contre les desquamations, les pellicules ainsi que les démangeaisons du cuir chevelu (plante sèche réduite en poudre dans un shampoing solide fait maison, ou faire une infusion concentrée à appliquer en lotion de rinçage).

En bain de siège, il permet de traiter la leucorrhée (rôle antibactérien des flavonoïdes). Pour cela, on comptera 100g de lamier à macérer toute la nuit dans 3L d’eau. Le lendemain, réchauffer et procéder au bain du siège. L’eau du bain doit recouvrir les reins. Cette eau pourra être réchauffée et utilisée encore deux fois.

Par voie interne, il facilite les fonctions digestives, soulage les douleurs hépatiques et vésicales (anti-inflammatoire, eupeptique, antidiarrhéique). Diurétique, il favorise l’élimination urinaire. On l’utilise aussi en tant qu’adjuvant dans les inflammations de la prostate.

Par ailleurs, les flavonoïdes et les saponosides du lamier blanc en font un excellent expectorant. Il sera un bon remède des encombrements bronchiques en fluidifiant les mucosités et permettant une meilleure respiration.

On pourra préparer une teinture-mère à partir des plantes fraîches du jardin. On prendra dans ce cas 30 gouttes 3 fois par jour à diluer dans un peu d’eau à prendre à distance des repas.

On pourra tout aussi bien préparer des tisanes de lamier blanc : compter au moins 30g de plante fraîche pour 750ml d’eau frémissante et infuser 15 minutes avant de filtrer.

Lamier pourpre

N.B. : Seul le lamier blanc (Lamium album) a été vraiment étudié et bénéficie d’une monographie de contrôle et d’indications officielles. Toutefois, les constituants des autres lamiers étant plutôt proches de ce dernier, on pourra tout aussi bien substituer le lamier blanc par un autre lamier : lamier pourpre (Lamium purpureum), lamier jaune (Lamium galeobdolon), etc. De même, tous les lamiers sont comestibles.

Lamier jaune
Par Benjamin Delfaut

Le Lierre Terrestre

Le lierre terrestre (Glechoma hederacea) est aussi appelé « rondette » ou « couronne de terre ». Cette plante, bien qu’abondante et commune, demeure méconnue.

Connaître et reconnaître le Lierre Terrestre

Petite plante vivace herbacée affectionnant les milieux humides et ombragés (sous-bois frais), elle appartient à la famille des Lamiacées (comme la menthe, la mélisse, la sauge, etc.). Il s’agit d’une plante rampante, tapissante, facilement envahissante. En effet, la plante assure son développement au sol au moyen de « stolons », tiges rampantes aériennes lui permettant de parcourir de grandes distances. C’est à cette caractéristique qu’on lui attribue son nom « hederacea », lui-même dérivant de « Hedera » qui désigne le lierre. Mais ces deux plantes demeurent botaniquement bien différentes. Au printemps, des rameaux dressés se développent : ils ne dépassent pas 30 à 40 cm de hauteur. La tige quasiment glabre est à section carrée, les feuilles pétiolées sont opposées par paire et décussées. Les feuilles à la base sont en forme de rein, les feuilles plus hautes sont en forme de cœur. Elles sont vert foncé luisant, légèrement duveteuses et aromatiques lorsqu’on les froisse. Cette odeur agréable rappelle la menthe, le citron, le cassissier et l’humus. Le bord des feuilles est régulièrement crénelé arrondi. Des fleurs apparaissent par 2 ou 3 au niveau des nœuds : elles sont dites en gueule de loup, à deux lèvres d’un beau bleu violacé, la lèvre supérieure est tachetée de pourpre. La floraison est abondante du printemps jusqu’en juin, mais peut s’étendre jusqu’à l’automne si le climat le permet. Plante riche en nectar et peu en pollen, elle est très prisée des abeilles.

Photo de fleur Lierre Terrestre
Fleurs de lierre terrestre Glechoma hederacea

Que contient-t-il ?

Au moment de la floraison, on récolte les parties aériennes. Elles renferment des sesquiterpènes (glechomafurane), des triterpènes (acide ursolique et dérivés) des flavonoïdes (hétérosides d’apigénine, de lutéoline, de chrysoériol), du β-sitostérol, de l’acide octadécadiénoïque ainsi qu’une huile essentielle (pinocamphone). Le totum possède des propriétés anti-inflammatoires, expectorantes, astringentes et asséchantes des muqueuses notamment ORL.

Que traite-le Lierre ?

Lorsque les muqueuses ORL sont inflammées, congestionnées et surtout engorgées de sécrétions de mucus, alors le lierre terrestre sera pleinement indiqué. En combinaison au plantain (Plantago lanceolata ou Plantago major), ce duo de choc pris par voie interne asséchera le trop de sécrétion notamment en cas de rhinite/sinusite allergique, ou encore en cas d’otite séreuse.

Par ailleurs, il soulagera la toux, aussi bien une toux quinteuse d’irritation (en association par exemple avec de la mauve ou Malva sylvestris et du coquelicot ou Papaver rhoeas) qu’une toux productive avec difficulté à expectorer (en association par exemple avec du bouillon blanc ou Verbascum thapsus et du marrube blanc ou Marrubium vulgare).

Son pouvoir astringent et asséchant lui permet de traiter les leucorrhées chez la femme, souvent en association au lamier (Lamium album est le plus étudié, mais Lamium purpureum ou Lamium galeobdolon conviennent aussi).

Enfin, comme la plupart des plantes de la famille des Lamiacées, elle est une plante qui facilite la digestion (antispasmodique, anti-inflammatoire).

Par voie externe, on l’emploie traditionnellement en cataplasme comme vulnéraire pour traiter les contusions non ouvertes.

La plante La Lierre Terrestre

Comment le préparer à la maison ?

C’est une plante idéale à employer à l’état frais, car ses bienfaits s’effacent rapidement au séchage. Une fois les parties aériennes en fleurs cueillies, vous pouvez :

Le Lierre dans l’assiette ou dans le verre…miam miam!

Crues dans les salades, cuites dans les soupes ou les sauces, ou encore pour aromatiser un dessert, les jeunes feuilles du lierre terrestre sont comestibles ! Idéalement, à récolter avant la floraison.

Jadis, on utilisa le lierre terrestre lors de la clarification de la bière pour l’aromatiser, avant d’employer le houblon. Avis aux brasseurs amateurs, pourquoi ne pas tenter l’expérience ?

Par Benjamin Delfaut

Le Trèfle des près

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Trifolium pratense

Vous reconnaissez très certainement cette plante, très commune partout en France et dans l’ensemble de l’hémisphère Nord. On la croise aussi bien dans les bois, en lisière, dans les prairies, que dans les zones cultivées, en plaine comme en altitude. Plante vivace dont la feuille est trifoliée (composée de 3 folioles), chaque foliole étant en forme d’ellipse, de couleur verte avec parfois une sorte de tâche blanchâtre caractéristique sur le dessus. Les fleurs sont regroupées au sommet de la tige en une inflorescence globuleuse. Les pétales sont soudés, rosés/violacés au sommet et blancs à la base. L’inflorescence est entourée de stipules en pointe élargies des feuilles supérieures. N’avez-vous jamais goûté au nectar sucré de ces fleurs ? Souvenir d’un subtil plaisir enfantin pour certains…

On l’appelle trèfle commun, trèfle rouge, trèfle des près, trèfle violet, miel des près ou encore herbe à vache. Les botanistes, quant à eux, l’appellent Trifolium pratense L. Elle appartient à la famille des Fabacées (légumineuses).

Un concentré de nutriments et d’anti-oxydants!

Utilisée largement comme plante fourragère, elle demeure peu exploitée pour l’alimentation humaine. Et pourtant ! Elle renferme 12 à 15% de protéines, dont des acides aminés essentiels. À cela, on ajoute un cocktail de vitamines : provitamine A, B1, B3, C, E, K. Cette plante est une excellente reminéralisante : on y retrouve du potassium, du calcium, du magnésium, du phosphore ainsi qu’un large éventail d’oligo-éléments (zinc, fer, chrome, cuivre, sélénium, cobalt, bore, manganèse). Enfin, des polyphénols antioxydants puissants viennent compléter le tableau (quercétine, isoflavones). On peut manger l’ensemble de la sommité fleurie ainsi que les jeunes feuilles, aussi bien fraîches que séchées et pulvérisées, à saupoudrer dans les plats. Rien de tel pour recharger les batteries ! À combiner pourquoi pas à l’ortie piquante ou encore la prêle.

Photo de la plante Trèfle de Près en fleur

Du côté médicinal, qu’en dit-on ?

Cette plante trouvera toute son utilité chez les organismes épuisés et déminéralisés. À la fois diurétique et décongestionnante de l’ensemble du réseau lymphatique (vaisseaux lymphatiques et ganglions, grâce à la présence de dérivés coumariniques), elle permettra de stimuler le drainage en profondeur des diverses toxines qui peuvent engorger l’organisme : déchets cellulaires, médiateurs de l’inflammation, toxines bactériennes, etc. C’est sur le long terme qu’elle se révèlera la plus efficace. On pourra la préconiser en traitement de fond notamment en cas de terrain inflammatoire chronique (maladie auto-immune, sujet sédentaire avec alimentation trop riche, etc.).

Bien qu’absent des Pharmacopées Européenne et Française, le trèfle des près renferme des flavonoïdes originaux : des isoflavones (biochanine A, trifoside et formononétine, qui sont eux-mêmes des précurseurs de la génistéine et la daidzéine). Ces molécules sont des phyto-œstrogènes, c’est-à-dire qu’elles miment l’effet des œstrogènes dans l’organisme en se fixant sur leurs récepteurs. Le trèfle est recommandé notamment lors de la ménopause chez la femme, afin d’en atténuer les symptômes au moyen du rééquilibrage de la balance hormonale, ainsi que pour prévenir l’ostéoporose. En l’absence de données cliniques fiables (preuve de l’efficacité non démontrée car essais contradictoires), cette indication ne repose que sur l’usage traditionnel.

On contre-indique le trèfle rouge chez la femme enceinte ou allaitante, en cas d’hyperœstrogénie ainsi que chez les femmes ayant eu des antécédents de cancer hormono-dépendant (de même que pour le soja).  De par la présence en faible quantité d’une huile essentielle contenant du salicylate de méthyle (effet aspirine-like), on évitera par mesure large de précaution d’employer le trèfle rouge en même temps que des anticoagulants ou de l’aspirine.

Comment l’utiliser ?

On pourra préparer simplement des infusions à partir des sommités fleuries : on comptera 2 c. à soupe de plante sèche (ou 4 c. à soupe de la plante fraîche) par tasse de 200 ml, infuser 10 minutes dans une eau frémissante, boire à raison de 3 tasses par jour, entre les repas.

On pourra également préparer une teinture-mère de trèfle rouge et en consommer 100 à 150 gouttes par jour, entre les repas.

Point sur la recherche :

Bien que placées au centre de préoccupations de sécurité concernant leur potentiel à promouvoir la croissance des cellules cancéreuses hormono-dépendantes, les isoflavones du trèfle rouge et du soja ne font pas l’unanimité parmi les équipes de recherche. Testées en laboratoire sur des lignées cancéreuses humaines (1), les isoflavones du trèfle rouge et du soja ne semblent non seulement pas favoriser la croissance tumorale, mais en plus elles induiraient une diminution de la prolifération cellulaire, une augmentation de l’apoptose (= processus de mort cellulaire) ainsi qu’un arrêt du cycle cellulaire. La nature est pleine de surprise!

Chez l’homme, il semblerait que les isoflavones du trèfle rouge puissent avoir un rôle bénéfique dans la prévention et le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate. Cependant, le niveau de preuve demeure faible à l’heure actuelle, puisque les seuls essais conduits étaient des tests in vitro ou in vivo chez la souris.

Par ailleurs, des études préliminaires dans le domaine de l’oncologie semblent mettre en évidence un effet préventif (non pas curatif) du développement de cancer de la prostate chez l’homme. Là encore, les recherches n’ont pas dépassé le stade in vitro, le chemin est encore long avant d’escompter valider une quelconque indication dans ce domaine.

Par Benjamin Delfaut

(1) Reiter, E., Gerster P., Jungbauer A. Red clover and soy isoflavones – an in vitro safety assessment. Gynecological Endocrinology : the official journal of the International Society of Gynecological Endocrinology. 2011, 12, pp.1037-42. PMID : 21801124

L’Eschscholtzia

Reconnaissez-vous cette plante qui arbore des fleurs d’un jaune orangé resplendissant ?

Quelques indices façon jeu télévisé : je suis une plante herbacée annuelle (sous nos latitudes, mais bisannuelle si climat plus doux) au feuillage finement découpé et au teint léger vert bleuté. J’appartiens à la famille des Papavéracées, je suis donc une cousine du coquelicot ou encore de la chélidoine. Originaire des plaines et zones côtières de la Californie, j’affectionne les terrains secs, arides et sablonneux ainsi que…le soleil ! Désormais largement cultivée dans les parcs et jardins comme plante ornementale, je suis plutôt facile à vivre et d’entretien. Et si je m’y plais, j’ai même tendance à devenir envahissante. Dès le printemps et ce jusqu’au mois d’octobre, je vous présente mes fleurs au teint orangé vif, chacune comportant 4 pétales en coupe évasée. Mais celles-ci demeureront obstinément fermées en l’absence de soleil.

Mon petit nom ? Je suis le pavot de Californie ! On m’appelle aussi l’eschscholtzia (Eschscholzia californica Cham.) en hommage au botaniste russe Eschscholtz (1793 -1831) qui m’a décrit au XIXème siècle lors d’une expédition dans l’Ouest américain. Mais saviez-vous que je suis également une plante médicinale ? Usage traditionnel : Dans la médecine traditionnelle amérindienne, on employait la racine du pavot de Californie par voie locale ou ses parties aériennes par voie orale pour traiter localement les douleurs dentaires ainsi que les maux de tête.

L'Eschscholtzia en fleur
Eschscholtzia californica

Propriétés et indication de la plante :

De nos jours, le pavot de Californie est utilisé par voie orale pour traiter l’anxiété et les états de nervosité. Administré en fin de journée et le soir, il est indiqué comme sédatif dans le traitement des difficultés d’endormissement de l’adulte et de l’enfant (à partir de 6-7 ans généralement).

Composition chimique de la plante :

L’eschscholtzia renferme de nombreux alcaloïdes (californidine, eschscholtzine, protopine, sanguinarine, etc.). Ces molécules sont vraisemblablement responsables de la majeure partie de son activité. Néanmoins, lorsqu’on les administre de manière isolée, ces molécules s’avèrent peu actives voire inactives. Il faut prendre l’ensemble de l’extrait végétal pour obtenir un effet significatif. Elle renferme aussi des phytostérols ainsi que des flavonoïdes et des caroténoïdes qui lui confèrent la couleur caractéristique de ses fleurs.

Composition chimique de l'Eschscholtzia
Représentation chimique de la californidine

On récoltera les parties aériennes fleuries, si possible au début de la saison de floraison (avril/mai/juin) car la plante exprimera le plus de principes actifs durant cette période.

Comment préparer ce remède ?

La meilleure manière de préparer l’eschscholtzia est sans doute de réaliser un extrait hydro-alcoolique (meilleure extraction des alcaloïdes). Prélevez pour cela les parties aériennes (fleurs, feuilles et tiges), coupez-les finement, versez-les dans un bocal et recouvrez d’alcool.

Option n°1, à privilégier : On prépare la teinture à partir de plantes fraîchement cueillies. Dans ce cas, Comptez 200 mL d’un alcool à 80° minimum (une bonne eau de vie, pas de l’alcool modifié pour désinfection!) pour 100g de plante fraîche.

Option n°2, si pas d’alcool à 80° minimum à la maison: On commencera par faire sécher les plantes. On comptera ensuite 250 mL d’un alcool à 50° (du rhum par exemple) à verser sur 50g de plante sèche finement coupées.

Macérez 3 à 4 semaines au bord de la fenêtre, en agitant tous les jours énergétiquement pour dynamiser la préparation. Au terme de la macération, filtrez et pressez la matière végétale pour en extraire le jus. Diluez au 1/10ème la solution obtenue (pour cela comptez 1 part de la solution filtrée pour 9 parts d’eau, pensez à dynamiser la solution ainsi diluée). Conditionnez dans un flacon en verre brun et consommez cet extrait dans les 2 ans.

Pour la teinture-mère, prévoir une dose de 30 à 100 gouttes par 24h pour un adulte, et adapter la dose selon le poids de l’enfant. On répartira la dose journalière selon les besoins : au fil de la journée pour traiter l’anxiété ou toute la dose en prise unique environ 1 heure avant le coucher pour traiter les troubles du sommeil.

Enfin, si vous n’avez pas d’alcool à disposition, vous pouvez choisir de réaliser des infusions. On comptera environ 8g de plante sèche (ou le double si on infuse les plantes fraîches) à infuser 10 à 15 minutes dans ½ L d’eau. On boira la préparation au fil de la journée pour traiter l’anxiété et toute la quantité en fin de journée pour traiter l’insomnie.

N.B. : Le pavot de Californie possède une saveur plutôt amère. Pour une préparation plus agréable, pensez à l’associer à des plantes aromatiques calmantes telles que la mélisse, la verveine ou encore la matricaire (que vous avez déjà peut-être au jardin).

Fleurs Eschscholtzia
Par Benjamin Delfaut

Le Plantain

Plantago lanceolata

Quelle est donc cette plante, très commune de nos jardins, et si souvent piétinée ? « Une mauvaise herbe » dirons certains, mais un remède formidable pour tous ceux qui sauront l’employer. C’est bien sûr le plantain ! Ou devrait-on dire les plantains car il en existe des centaines d’espèces à travers le monde. Nous traiterons ici d’une espèce que nous avons identifiée au jardin, le plantain lancéolé ou Plantago lanceolata, mais tous s’emploieront indifféremment pour traiter les mêmes bobos ! Alors vous n’aurez qu’à utiliser celui que vous trouverez.

On reconnaît le plantain lancéolé par ses feuilles allongées en forme de fer de lance et disposées en rosette basale. Les feuilles  comportent 3 à 7 nervures saillantes et presque parallèles. Appartenant à la grande famille des plantaginacées, il s’agit d’une herbacée vivace, ce qui signifie que cette plante est capable de résister à l’hiver pour vivre plusieurs années.

Toute la plante s’utilise en médicinal y compris la racine. Mais les feuilles en grand nombre seront les plus faciles à récolter. On y retrouve des hétérosides d’iridoïdes, des dérivés de l’acide caféique (verbascoside), des flavonoïdes, des tanins et des terpénoïdes… Un vrai trésor de molécules anti-oxydantes et d’excellents anti-inflammatoires.

Dès le printemps, les inflorescences (= ensemble de fleurs) en épi au bout d’une longue hampe (photo ci-contre) surgiront et se succéderont  tout l’été jusqu’au mois de novembre ! Ce qui rendra le plantain lancéolé bien plus facile à identifier dans les parcs et les jardins. N’avez-vous donc jamais tenté de lancer des « projectiles » en réalisant une boucle avec la tige et en tirant d’un coup sec, l’épi glissant dans l’anneau ainsi formé ?

Que renferme cette plante ?

Les feuilles de plantain renferment aussi des mucilages, un enchaînement de sucres : au contact de l’eau contenue dans les fluides biologiques tels que la salive, ils vont former une sorte de gel humectant et protecteur… effet adoucissant garanti !

Et ça traite quoi ?

Pour ceux qui ne souhaitent pas la consommer en tisane, pensez à préparer d’autres formes comme  une teinture-mère. Pour cela, il suffit de verser des feuilles fraîches dans un bocal. Recouvrir les feuilles d’un alcool fort (45° environ, type vodka ou gin) et laisser macérer derrière la fenêtre au moins 30 jours en agitant le bocal chaque jour. Une fois filtrée, la préparation peut être diluée au 1/10ème (une part du liquide obtenu pour 9 parts d’eau) et réservée dans un flacon en verre brun. Cette préparation se conserve bien dans le temps (plusieurs années). Pour sa consommation, on comptera environ 30 gouttes 2 à 3 fois par jour pour un adulte. Pour les enfants, privilégier la forme tisane ou sirop.

fleur de plantain

Et sinon, le plantain ça se mange ?

Bien sûr ! Les feuilles de plantain constitueront une bonne salade sauvage, et surtout un excellent reminéralisant (calcium, phosphore, soufre,  silice, zinc, fer, cuivre, etc.). Privilégiez les jeunes pousses et les jeunes feuilles qui seront plus tendres et moins fibreuses. Par temps très sec, pensez à arroser un peu vos plantains, les feuilles n’en seront que meilleures.

Attention tout de même de récolter votre plantain dans des zones bien propres et non polluées !

En début de floraison, lorsque les boutons floraux commencent tout juste à s’épanouir, vous pourrez les cueillir, les faire revenir doucement à la poêle et les consommer en omelette. Ils dégageront une douce saveur de champignon !

Par Benjamin Delfaut

Les conseils d’Herbéo pour la prévention de l’infection au coronavirus avec des plantes et des huiles essentielles

la Terre avec un masque sanitaire dû à la crise planétaire du covid-19.

La diffusion du coronavirus, Covid-19 est maintenant devenue un problème majeur de santé publique.

La nouveauté et la forte contagiosité de ce virus invite à la prudence. Nouveau virus implique qu’il n’y a donc pas d’immunité acquise chez l’homme et forte dissémination par voie aérienne (gouttelettes de salive) et contact d’homme à homme (mains, face). Beaucoup reste encore à découvrir sur ce virus et les équipes médicales et scientifiques font un travail extraordinaire et doivent être remerciés de cela.

Les autorités mettent en place les plans nécessaires pour limiter l’épidémie et l’heure est plus à l’attention et au suivi des consignes qu’aux polémiques et à la propagation de fausses nouvelles.

Des évolutions négatives comme une contamination à large échelle ou une mutation virale pour une maladie plus agressive sont, bien sur, possibles mais il faut aussi garder la tête froide il y a somme toute peu de cas dramatiques pour le moment.

Avant d’en venir à la prévention en phyto-aromathérapie, rappelons des consignes de base:

Si vous souhaitez, en complément, utiliser la phyto-aromathérapie voici nos conseils pour deux stratégies complémentaires l’une de l’autre.

Je stimule mes défenses immunitaires

De multiples composants issus de champignons et plantes sont connus pour stimuler les défenses immunitaires et ainsi prévenir des infections tant bactériennes que virales.

Attention aucune de ces plantes n’a montré d’action spécifique sur le Covid-19, il s’agit de plantes traditionnellement utilisées pour prévenir les maladies infectieuses notamment pour le sphère broncho-pulmonaire.

Echinacée

Les composants actifs et les propriétés de l’échinacée ont déjà été abordées sur ce blog : Herbéo aime la phytothérapie avec les SIPFs (Suspension Intégrale de Plante Fraîche): L’Echinacée L’échinacée est une plante d’origine américaine mais pousse bien sous nos climats.

Vous pourrez utiliser la décoction de racines, des extraits liquides: Suspension Intégrale de Plante Fraiche (SIPF) ou teinture ou des extraits secs en gélules. Des produits combinant echinacée et d’autres plantes immunostimulantes ou des produits de la ruche (propolis) existent sur le marché.

Les choix d’Herbéo: Echinacée SIPF / Phytolys Echinacée / Immunolys(R) / Echinacée complexe (avec Propolis) / tisane composée. Associer de la vitamine C est probablement une bonne idée. Vitamine C naturelle en comprimé ou des plantes comme le fruit de l’églantier (cynorhodons), l’argousier, l’hibiscus …. Notre article sur la vitamine C

Autres plantes immunostimulantes

Elles sont nombreuses: Astragale Astragalus membranaceus; Andrographis Andrographis paniculata; Griffe du chat Uncaria tomentosa; Lapacho Tabebuia sp… toutes ont un bon niveau d’évidences scientifiques de la démonstration de leur effet bénéfique sur l’immunité et comme antiviral (bien que, une nouvelle fois, aucune étude n’a été faite sur le Covid-19 spécifiquement). Ces plantes vont principalement être disponible en extrait sec en gélules, parfois la plante est disponible sous forme de tisane.

Les choix d’Herbéo: En gélules d’extraits / tisane composée. Associer de la vitamine C est également une bonne idée.

Champignons

Plusieurs champignons peuvent être intéressants notamment le Reishi Ganoderma lucidum, le Maitake Grifola frondosa et le Shiitake Lentinus edodes. Les carpophores (parties aériennes) des champignons sont réduites en poudre ou mieux on procède à l’extraction des principes actifs, principalement des polysaccharides, pour obtenir des extraits plus concentrés.

Les choix d’Herbéo: En gélules d’extraits d’une espèce de champignons ou un mélange de différentes espèces.


J’utilise les huiles essentielles anti-infectieuses en cas de besoin

Certaines huiles essentielles ont des propriétés anti-infectieuses remarquables, il est souvent difficile de distinguer leur potentialité anti-bactériennes, antivirales et antifongiques. Des associations pertinentes sont possibles en sélectionnant des huiles de compositions moléculaires complémentaires. La liste des huiles essentielles anti-infectieuses est longue nous ne vous proposerons qu’une sélection organisée suivant leur principaux composants. Là encore aucune n’a fait l’objet d’expérimentation spécifiquement sur le Covid-19.

Pour une utilisation raisonnable des huiles essentielles reportez vous à notre précédent article: Le conseil Herbéo: Les contres indications des huiles essentielles

Huiles à phénols

Pour n’en citer que trois: Origan, Sarriette, Thym à thymol…. Déjà abordées dans ce blog ces huiles sont parmi les plus anti-infectieuses mais aussi les plus délicates à utiliser. Le conseil Herbéo: Les précautions d’emploi des Huiles essentielles à Phénols

Nous aimons bien l’huile essentielle de Serpolet moins riche en phénols mais au profil moléculaire plus diversifié, peut être à privilégier pour combiner efficacité et sécurité d’utilisation.

Bien que ne contenant pas de phénols nous pouvons aussi citer ici les huiles essentielles de clou de girofle et de cannelle feuille (contiennent de l’eugénol) et de cannelle écorce (contient de cinnamaldéhyde) Très anti-infectieuses mais aussi délicates d’utilisation

Huiles à alcool mono-terpéniques

Toutes contiennent une forte proportion de petites molécules à fonction alcool ayant de bonnes propriétés anti-infectieuse: bois de Ho, thym à linalol, arbre à thé, thym à thujanol… Plus facile d’utilisation et moins agressive mais aussi douées d’une activité anti-infectieuse moindre.

Voir par exemple notre article sur le Bois de HO

Huiles à cinéole

Autrefois le cinéole était appelé eucalyptol… on retrouve donc dans cette liste l’huile essentielle d’eucalyptus radié, d’eucalyptus globuleux d’eucalyptus de smith et également d’autres espèces dont le fameux ravintsara (Cinnamomum camphora de Madagascar), le saro, le niaouli et plus local le laurier noble. Pourquoi pas aussi la Marjolaine sylvestre Thymus mastichina qui comporte à la fois des alcool mono-terpéniques et du cinéole en forte proportion.

Je diffuse des huiles essentielles dans mon environnement

Au final je fais quoi ?

Pourquoi pas diffuser chez soi ou au bureau des mélanges d’huiles essentielles purifiantes et assainissantes. Différents mélanges existent et sont délicieusement parfumés. Il faut toutefois un appareil de diffusion si possible fonctionnant par nébulisation ou ultrasonique. Attention aussi aux précautions à prendre pour les enfants, les personnes épileptiques, asthmatiques et également si un chat habite la maison !

Attention aussi à ne pas surcharger votre atmosphère avec des concentrations d’huiles essentielles qui seraient alors plus toxique que positive.

Je désinfecte mes mains régulièrement

C’est un réflexe à prendre en période d’épidémie infectieuse et il est facile de fabriquer son spray anti-infectieux à moindre frais. Votre notre petit article sur ce sujet :
Les gels antibactériens dangereux pour la santé ? Faites des sprays aux huiles essentielles !

Je fais une cure pour stimuler mes défenses

Tisane, gélules, extrait liquide à vous de choisir ! Il est difficile de recommander une plante plutôt qu’une autre. Un bon protocole pourrait être Echinacée seule ou associée à la propolis durant 3 semaines puis Champignons en association 3 semaines. Demandez toujours conseil à un spécialiste, certaines pathologies et certains traitements sont contre indiqués avec ces remèdes naturels.

En plus je me fais une tisane, voici un exemple qui pourra être adapté à chacun !

Dans un premier temps je fais une décoction (le plantes sont mises dans l’eau bouillante pour 4 à 5 min) de racines d’échinacée d’écorces de lapacho et de cannelle puis après avoir couper la source de chaleur et laisser un peu baisser la température j’ajoute un mélange de feuilles de thym, fleur de sureau, et fruits d’églantier. Je laisse infusez 10 minutes avec un couvercle, je filtre et bois au moins deux bols chauds dans la journée.

J’ai une petite synergie d’huile essentielles anti-infectieuse en prévention

De nombreuse recette sont possibles voici par exemple un mélange équilibré avec différentes familles de molécules anti-infectieuses:

Ce roll on permettra d’appliquer facilement un peu de la solution en la faisant pénétrer sur les avant-bras. La fréquence, la durée d’utilisation et la composition des synergies sont à adapter en fonction de votre exposition potentielle suivant votre lieu d’habitation et votre vie sociale. N’hésitez pas à demander conseil !

Je me méfie des remèdes miracle

De nombreux produits sont trop rapidement promus par des auteurs peu scrupuleux comme cure naturelle DU coronavirus… méfiance la réalité est qu’aucun remède naturel n’a été validé sur ce virus. Les conseils donnés ci dessus sont, nous le pensons, de bon sens et étayés par des nombreuses études sur les propriétés des plantes et huiles essentielles citées et peuvent aider à stimuler les défenses de notre organisme.

Mais n’oubliez pas que devant des signes pulmonaires avec fièvre il vous faut appeler le 15 et faire face sans angoisse à un dépistage pour éviter une propagation du virus.

Les Plantes de la Cicatrisation / Part 2

Plusieurs extraits de plantes peuvent aider au processus de cicatrisation nous vous présentons certaines solutions en fonction des formes galéniques utilisées :

Les Huiles végétales pour stimuler la cicatrisation

Une huile est un corps gras. Elle est composée de triglycérides (ensemble d’acides gras et de glycérine) et de molécules insaponifiables tels que des vitamines, des terpènes, des alcools…

Pour obtenir une huile de millepertuis, la fleur est macérée dans de l’huile, généralement de huile d’olive, plusieurs semaines au soleil  pour en extraire les principes actifs. Elle contient de l’hypéricine qui possède des propriétés cicatrisantes. L’hyperforine est anti-inflammatoire et antibactérienne.

Le macérât s’utilise par voie externe notamment sur les coups de soleil ou sur des plaies. Cette huile est aussi utilisée en prévention  ou comme traitement des brûlures de radiothérapie.

Le millepertuis est photo-sensibilisant, ne pas l’utiliser avant une exposition au soleil.

Cette huile est obtenue par la pression des graines de la plante. Elle est riche en vitamines A et E, et également en acides gras polyinsaturés tel que l’acide linoléique, l’acide alpha-linolénique et l’acide trans-rétinoïque. Ce dernier acide gras augmente la capacité de régénération cellulaire en accélérant la différenciation kératocytaire, ce qui permet la synthèse de collagène. Elle favorise la souplesse des parois cellulaires et la micro-vascularisation.

L’huile de rose musquée est utilisée pour limiter la progression de rides et atténuer celles en place, sur des cicatrices hypertrophiées, en post-opératoire dès l’ablation des points de suture, sur des brûlures ou encore en prévention des escarres et des vergetures.

Cette huile se fabrique en laissant macérer les fleurs de souci dans de l’huile de tournesol ou de sésame.

L’huile de calendula est composée de fariadol, ce qui lui confère ses propriétés anti-inflammatoire, anti-œdémateuse et cicatrisante. Elle permet le renforcement de l’épiderme, elle régénère les tissus, prévient le dessèchement cutané. Elle est aussi calmante.

Elle peut s’utiliser sur des peaux et muqueuses irritées, enflammées, sur des plaies, des brûlures ou des coups de soleil.

Dans le macérât de consoude, la racine est utilisée.
Cette plante a des propriétés émolliente, adoucissante, vulnéraire, anti inflammatoire. Elle possède des tanins qui lui confèrent ses propriétés astringentes. Elle est composée aussi d’acide rosmarinique, qui est anti-inflammatoire.

Le macérât huileux est utilisée traditionnellement pour ces mêmes propriétés malgré que sa composition diffère de la plante entière. Il contient néanmoins de l’allantoïne, qui permet la détersion de la plaie, la régénération cellulaire et donc la cicatrisation.

Il est utilisé dans le cas de crevasses, de gerçures, de fractures récentes, d’entorses, de plaies.
Le macérât huileux de consoude s’utile par voie externe.

La plante d’Hydrocotyle asiatique est constituée de d’acide asiatique, d’acide madécassique, d’asiaticoside qui ont des propriétés cicatrisantes et une action sur la synthèse du collagène. Elle s’utilise traditionnellement sous forme de macérât huileux comme cicatrisante.

Elle est utilisée pour la régénération cellulaire sur toutes sortes de plaies tel que des ulcères, des brûlures ou des escarres.

Les Huiles essentielles incitant à la cicatrisation :

Une huile essentielle est « un produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une matière première végétale botaniquement définie généralement par entraînement à la vapeur ».

Certaines huiles essentielles peuvent être utilisées pures, d’autres diluées dans un solvant tel qu’un macérât huileux.

L’huile essentielle de lavande vraie à un effet cicatrisant, régénérant cellulaire et un effet sur le système nerveux central.
Elle est anti-inflammatoire par les esters monoterpénique et les carbures sesquiterpénique qu’elle contient. Le linalol à un effet apaisant, calmant mais aussi régénérant cutané et anti-infectieux. 

Cette huile est indiquée sur les affections cutanées par voie externe, même chez les enfants car elle n’est pas toxique.
Elle est indiquée sur des plaies, des infections cutanées, suite à des coups et agit contre les démangeaisons (piqûre d’insecte).

Elle peut être utilisée par voie externe pure même chez l’enfant car elle n’est pas toxique.

Cette huile essentielle est utilisée traditionnellement comme cicatrisante. Elle accélère et améliore la cicatrisation. Elle limite l’inflammation et est anti-œdémateuse grâce aux carbures sesquiterpéniques.

Son indication principale est d’agir contre les hématomes suite à des traumatismes, des chocs ou sur des brûlures, des piqûres.

L’huile essentielle de géranium bourbon est cicatrisante, mais aussi anti-infectieuse grâce aux alcools monoterpéniques qu’elle contient, et anti-inflammatoire par ses aldéhydes et esters monoterpéniques. Elle est également intéressante pour son action hémostatique.

Elle est utilisée par voie externe, diluée, sur des plaies, des saignements, des inflammations cutanées, des piqûres d’insectes, des brûlures.

L’huile essentielle de ciste a un fort pouvoir coagulant, hémostatique. Elle arrête les saignements grâce à ses molécules astringentes. Elle est ainsi anti-hémorragique. Elle est utilisée en cas de coupure.

Elle exerce une action anti-dégénérative. Elle se retrouve dans les cosmétiques comme anti-rides, pour éviter le vieillissement cutané. Elle favorise la circulation, le renouvellement cellulaire.

La ciste est immunostimulante et anti-inflammatoire.

Attention : Ce document est une liste non exhaustive. Chaque traitement mis en place doit être adapté au type de problème rencontré et adapté à la personne dans sa globalité. Il ne remplace pas un avis médical.

Par Laurène Vallet, étudiante à l'Ecole Bretonne d'Herboristerie, en stage chez Herbéo