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Les conseils d’Herbéo, l’herboristerie de Bordeaux : La Cicatrisation / I

Définition et bref rappel physiologique

Par Laurène Vallet, étudiante à l’Ecole Bretonne d’Herboristerie, en stage chez Herbéo

La peau est constituée de trois couches :

            –l’épiderme : couche superficielle qui protège les autres couches les plus profondes

            –le derme : couche intermédiaire où se trouvent les vaisseaux sanguins et lymphatiques, les terminaisons nerveuses, les glandes sudoripares, les poils et les glandes sébacées.

            –l’hypoderme : couche la plus profonde qui permet l’isolement thermique et l’amortissement des chocs.

La cicatrisation peut être définie comme étant un « processus complexe au cours duquel l’organisme tente de reconstituer le ou les tissus endommagés par une blessure et d’en restaurer la fonctionnalité [1]».

Processus :

Il existe deux types de processus différents :

  • Cicatrisation primaire : se met en place face à une altération tissulaire minime
  • Cicatrisation secondaire : se met en place face quand les berges de la plaie ne peuvent pas être mis en apposition.

Ils se déroule selon trois phases quelque soit le type de processus :

1/ Vasculaire et inflammatoire

  • remplissage de la brèche par des caillots de sang et des débris cellulaires.
  • migration de phagocytes pour ôter les débris cellulaires et le caillot. Ils stimulent l’activité des fibroblastes.
  • ces fibroblastes sécrètent des fibres de collagène pour relier les tissus de la brèche.

2/ Prolifération ou réparation tissulaire :

  • prolifération de cellules épithéliales pour permettre à l’épiderme de retrouver son épaisseur. Le caillot formé au départ se retrouve à la surface, il correspond à la croûte qui tombe spontanément au bout de quelques jours.
  • développement du tissu de granulation vers la surface qui fabrique des bourgeons capillaires ainsi que des nouveaux phagocytes et des fibroblastes dans le caillot. La plaie est ainsi vascularisée. les phagocytes continuent d’enlever le caillot et les bactéries, les fibroblastes sécrètent toujours des fibres de collagène.

3/ Maturation :

  • remplacement du tissu cicatriciel fibreux par le tissu de granulation.
  • réarrangement des fibres de collagène, ce qui augmente la solidité de la plaie.
  • vascularisation de la plaie diminue et devient une mince ligne au bout de quelques mois;

4/ Facteurs influençant la cicatrisation :

  • état de santé général de l’individu
  • état nutritionnel
  • état de vascularisation : permet d’apporter les nutriments et l’oxygène mais également d’enlever les déchets, les microbes ou autres contaminants. Le tabac et le diabète altèrent la micro-circulation.
  • vieillissement : ralentit les phases de la cicatrisation
  • obésité : augmente l’épaisseur des tissus adipeux et le tension de la plaie
  • stress : augmente le taux de cortisol qui diminue le nombre de lymphocytes

5/ Quelques complications possibles :

  • adhérence : tissu fibreux qui se fixe sur les tissus adjacents et pouvant limiter les mouvements.
  • infection : contamination microbienne sous forme de pus. Il est formé de phagocytes et cellules mortes, de débris cellulaire, de fibrine, d’exsudat inflammatoire et de microbes. Il peut se trouver sous forme de furoncle, d’abcès.
  • hypertrophie de la cicatrice : due à une prolifération excessive du tissu de granulation.

A bientôt pour le deuxième épisode: Les plantes de la cicatrisation !


[1]Plaies et cicatrisations, de Sylvie Meanne, éditions Masson, Paris, 2005.